Samedi 13 Mars 2021 - Disciples Amoureux Missionnaires
« Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé.  » Lc 18,14

 

Le livre du Ciel Tome 3 1er Janvier 1900

 

Je me trouvais très affligée par la privation de mon plus grand et
seul Bien. Après l’avoir longuement attendu, je l’ai finalement vu
venir dans l’intérieur de mon cœur. Il pleurait. Il me fit
comprendre combien il souffrit et s’humilia lui-même quand il fut
circoncis. Cela me causa une grande souffrance, car je me suis
sentie absorbée par son amertume. Compatissant avec moi, le petit
Bébé béni me dit :
« Plus l’âme est humiliée et se connaît elle-même, plus elle
s’approche de la vérité. Dans la vérité, elle cherche à suivre le
chemin des vertus, duquel elle se sent très éloignée. Et, sur ce
chemin, elle perçoit la distance qu’elle a encore à parcourir parce
que ce chemin est sans fin. Il est infini comme je suis infini.
L’âme qui est dans la vérité cherche toujours à se perfectionner,
mais elle n’arrive jamais à se trouver parfaite. Cela l’amène à
travailler continuellement, à se perfectionner toujours davantage,
sans perdre de temps dans l’oisiveté. Et moi, bénissant ce travail,
petit à petit, je fais les retouches pour peindre en elle mon image.
C’est pourquoi j’ai voulu être circoncis : je voulais donner
l’exemple de la plus grande humilité, ce qui stupéfia même les
anges du Ciel. »

Correspondances dans « L’évangile tel qu’il m’a été révélé » de Maria Valtorta :

Écoutez cette autre parabole pour comprendre quelles sont les choses qui ont de la valeur aux yeux de Dieu. Elle vous enseignera à vous corriger d’une pensée qui n’est pas bonne et qui est en beaucoup de cœurs. La plupart des hommes se jugent par eux-mêmes, et comme un homme sur mille est vraiment humble, il se produit ainsi que l’homme se juge parfait, lui seul parfait, alors que chez le prochain, il remarque des péchés par centaines.

Un jour deux hommes qui étaient allés à Jérusalem pour affaires, montèrent au Temple, comme il convient à tout bon Israélite chaque fois qu’il met les pieds dans la Cité Sainte. L’un était pharisien, l’autre publicain. Le premier était venu pour percevoir les revenus de certains magasins et pour faire ses comptes avec ses intendants qui habitaient dans les environs de la ville.

429> L’autre pour verser les impôts perçus et pour demander la pitié au nom d’une veuve qui ne pouvait payer la taxe de sa barque et des filets, car la pêche, faite par l’aîné des fils, suffisait à peine pour donner à manger à ses nombreux autres fils.

Avant de monter au Temple, le pharisien était passé chez les tenanciers des magasins et avait jeté un coup d’œil sur ces magasins qu’il avait vu remplis de marchandises et d’acheteurs. Il s’était complu en lui-même, il avait appelé le tenancier du lieu et lui avait dit : « Je vois que ton commerce marche bien ».

« Oui, grâce à Dieu, je suis content de mon travail. J’ai pu augmenter le stock de marchandises, et j’espère faire encore davantage. J’ai amélioré le magasin, et l’année qui vient je n’aurai pas les dépenses de bancs et d’étagères et j’aurai donc plus de gain ».

« Bien ! Bien ! J’en suis heureux ! Combien paies-tu pour cet endroit ? »

« Cent didrachmes par mois. C’est cher, mais la situation est bonne… [3] »

« Tu l’as dit. La situation est bonne. Par conséquent je double la redevance ».

« Mais, seigneur, s’écria le marchand. De cette manière, tu m’enlèves tout profit ! »

« C’est juste. Dois-je peut-être t’enrichir, et à mes dépens ? Vite. Ou bien tu me donnes deux mille quatre cents didrachmes[4] et tout de suite, ou je te mets dehors, et je prends la marchandise. Le lieu est à moi, et j’en fais ce que je veux ».

Ainsi fit-il pour le premier, le second, le troisième de ses tenanciers, doublant pour tous la redevance, restant sourd à toute prière. Comme le troisième, chargé de famille voulait résister, il appela les gardes et fit poser les scellés en mettant dehors le malheureux.

Puis, dans son palais, il examina les registres des intendants pour trouver de quoi les punir comme paresseux et pour accaparer la part qu’ils s’étaient réservée de droit. L’un d’eux avait son fils mourant et, à cause de ses nombreuses dépenses, il avait vendu une partie de son huile pour payer les remèdes. Il n’avait donc rien à donner au maître exigeant.

« Aie pitié de moi, maître. Mon pauvre fils va mourir, et après je ferai des travaux supplémentaires pour te rembourser ce qui te semble juste. Mais maintenant, tu le comprends, je ne puis ».

430> « Tu ne peux pas ? Je vais te faire voir si tu peux ou si tu ne peux pas ». Et étant allé au pressoir avec le pauvre intendant, il enleva le reste d’huile que l’homme s’était réservé pour sa misérable nourriture et pour alimenter la lampe qui lui permettait de veiller son fils pendant la nuit.

Le publicain, de son côté, étant allé chez son supérieur et ayant versé les impôts perçus, s’entendit dire : « Mais ici, il manque trois cent soixante as[5]. Comment donc cela ? »

« Voilà, je vais te le dire. Dans la ville il y a une veuve qui a sept enfants. Le premier seul est en âge de travailler, mais il ne peut aller loin de la rive avec la barque parce que ses bras sont encore faibles pour la rame et la voile et il ne peut payer un garçon de barque. Restant près de la rive, il prend peu de poissons, et sa pêche suffit à peine pour nourrir ces huit malheureuses personnes. Je n’ai pas eu le cœur d’exiger la taxe »

« Je comprends, mais la loi c’est la loi. Malheur, si on savait qu’elle a pitié ! Tout le monde trouverait des raisons pour ne pas payer. Que le jeune change de métier et vende la barque s’ils ne peuvent pas payer ».

« C’est leur pain pour l’avenir… et c’est le souvenir du père ».

« Je comprends, mais on ne peut transiger ».

« C’est bien. Mais moi, je ne puis penser à huit malheureux privés de leur unique bien. Je paie de ma bourse les trois cent soixante as ».

Après avoir fait ces choses, les deux montèrent au Temple. En passant dans la salle du Trésor, le pharisien tira avec ostentation de son sein une bourse volumineuse et il la secoua jusqu’à la dernière piécette dans le Trésor. Dans cette bourse se trouvait l’argent pris en plus aux commerçants et le prix de l’huile enlevée à l’intendant et vendue tout de suite à un marchand. Le publicain, de son côté, jeta une poignée de piécettes après avoir pris ce qui lui était nécessaire pour retourner chez lui. L’un et l’autre donnèrent donc ce qu’ils avaient et même, en apparence, le plus généreux était le pharisien car il avait donné jusqu’à la dernière piécette qu’il avait sur lui. Cependant, il faut réfléchir que dans son palais il avait d’autre argent et qu’il avait des crédits ouverts auprès des riches changeurs.

De là, ils allèrent devant le Seigneur. Le pharisien tout à fait en avant près de la limite de l’Atrium des Hébreux, vers le Saint; le publicain tout au fond, presque sous la voûte qui menait dans la Cour des Femmes, et il restait courbé, accablé par la pensée de sa misère par rapport à la Perfection divine. Et ils priaient l’un et l’autre.

431> Le pharisien, tout droit, presque insolent, comme s’il était le maître du lieu et comme si c’était lui qui daignait rendre hommage à un visiteur, disait : « Voici que je suis venu te vénérer dans la Maison qui est notre gloire. Je suis venu bien que je sente que Tu es en moi, car je suis juste. Je sais l’être. Cependant, bien que je sache que c’est par mon mérite que je suis tel, je te remercie, comme la loi le prescrit, de ce que je suis. Je ne suis pas rapace, injuste, adultère, pécheur comme ce publicain qui, en même temps que moi, a jeté dans le Trésor une poignée de piécettes. Moi, Tu l’as vu, j’ai donné tout ce que j’avais sur moi. Cet avare, au contraire, a fait deux parts et il t’a donné la plus petite, l’autre certainement il va la garder pour faire bombance et pour les femmes. Mais moi, je suis pur. Je ne me contamine pas, moi. Je suis pur et juste, je jeûne deux fois la semaine, je paie la dîme de tout ce que je possède. Oui, je suis pur, juste et béni car je suis saint. Gardes-en le souvenir, Seigneur ».

Le publicain, dans son coin éloigné, n’osait pas lever son regard vers les portes précieuses du Temple et, en se frappant la poitrine, il priait ainsi : « Seigneur, je ne suis pas digne de me tenir dans ce lieu. Mais Tu es juste et saint et Tu me le permets encore, car Tu sais que l’homme est pécheur et que s’il ne vient pas vers Toi, il devient un démon. Oh ! mon Seigneur ! Je voudrais t’honorer nuit et jour et je dois pendant tant d’heures être l’esclave de mon travail : dur travail qui m’humilie, parce qu’il est douleur pour mon prochain le plus malheureux, mais je dois obéir à mes supérieurs parce que c’est mon pain. Fais, ô mon Dieu, que je sache accommoder le devoir envers mes supérieurs, avec la charité envers mes pauvres frères, pour qu’en mon travail je ne trouve pas ma condamnation. Tout travail est saint s’il est fait avec charité. Garde ta charité toujours présente en mon cœur, pour que moi, le misérable que je suis, je sache avoir pitié de ceux qui me sont soumis, comme Tu as pitié de moi, grand pécheur.

J’aurais voulu t’honorer davantage, ô Seigneur, tu le sais. Mais j’ai pensé que prendre l’argent destiné au Temple pour soulager huit cœurs malheureux était une chose meilleure que de le verser au Trésor et puis faire verser des larmes de désolation à huit innocents malheureux. Pourtant, si je me suis trompé, fais-moi le comprendre, ô Seigneur, et je te donnerai jusqu’à la dernière piécette et je retournerai au pays à pied en mendiant mon pain. Fais-moi comprendre ta justice. Aie pitié de moi, ô Seigneur, car je suis un grand pécheur ». Voilà la parabole.

432> En vérité, en vérité je vous dis que le pharisien sortit du Temple avec un nouveau péché ajouté à ceux déjà faits avant de monter au Moriah, alors que le publicain en sortit justifié et la bénédiction de Dieu l’accompagna à sa maison et y demeura, car il avait été humble et miséricordieux et ses actions avaient été encore plus saintes que ses paroles, alors que le pharisien n’était bon qu’en paroles et extérieurement alors qu’en son intérieur, il était l’ouvrier de Satan et faisait ses œuvres par orgueil et dureté de cœur, et Dieu le haïssait pour ce motif.

Celui qui s’exalte sera toujours, tôt ou tard, humilié. Si ce n’est pas ici, ce sera dans l’autre vie. Celui qui s’humilie sera exalté particulièrement là-haut au Ciel où on voit les actions des hommes dans leur véritable vérité.