SAINT THOMAS
« Même dans ces jours-là, même quand tu seras dans la nuit, continue de croire. Heureux es-tu, si tu arrives à croire, même lorsque tu ne vois plus rien». «Ne renie pas dans les ténèbres ce que tu as vu dans la lumière… » Enseignement du cardinal Philippe Barbarin sur l’apôtre Thomas
Ce 3 juillet 2026, nous méditons l’Évangile à la lumière de la Divine Volonté
De l’Évangile de Jean 20, 24-29
L’un des Douze, Thomas (dont le nom signifie : Jumeau), n’était pas avec eux quand Jésus était venu. Les autres disciples lui disaient : « Nous avons vu le Seigneur ! » Mais il leur déclara : « Si je ne vois pas dans ses mains la marque des clous, si je ne mets pas mon doigt à l’endroit des clous, si je ne mets pas la main dans son côté, non, je ne croirai pas ! » Huit jours plus tard, les disciples se trouvaient de nouveau dans la maison, et Thomas était avec eux. Jésus vient, alors que les portes étaient verrouillées, et il était là au milieu d’eux. Il dit : « La paix soit avec vous ! » Puis il dit à Thomas : « Avance ton doigt ici, et vois mes mains ; avance ta main, et mets-la dans mon côté : cesse d’être incrédule, sois croyant. » Thomas lui dit alors : « Mon Seigneur et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, tu crois. Heureux ceux qui croient sans avoir vu. »
« Heureux ceux qui croient sans avoir vu. » Jn 20, 29
Croire que nous sommes lointains est l’instrument mortel qui tue l’amour de la créature pour son Créateur.
30 novembre 1930. Le Livre du Ciel, tome 28
Ma fille, l’homme a été créé pour être inséparable de Dieu. Et si Dieu n’est pas connu et aimé, c’est exactement parce que l’homme pense que Dieu est l’Être qui est loin de lui, comme si nous n’avions rien à faire avec l’homme, ni lui avec nous. Croire que Dieu est
lointain fait que l’homme s’écarte de Dieu. En conséquence, tout ce que l’homme possédait lorsqu’il fut créé, c’est-à-dire nos divines qualités elles-mêmes, demeure affaibli et étouffé ; et pour beaucoup, comme si elles n’avaient plus de vie. Notre Divinité n’est pas lointaine, mais proche. Elle est même à l’intérieur de l’homme. Et dans tous ses actes. Notre douleur est donc grande de voir les créatures nous tenir à distance et croire que nous sommes loin d’elles. C’est pourquoi elles ne nous connaissent pas et ne nous aiment pas. Croire que nous sommes lointains est l’instrument mortel qui tue l’amour de la créature pour son Créateur. L’éloignement brise l’amitié. Qui peut aimer et connaître un Être distant, ou espérer de lui quelque chose ? Personne. Nous sommes obligés de répéter : « Nous sommes avec elles, en elles, et il semble qu’elles ne nous connaissent pas. » Et alors que leur amour et leur volonté sont loin de nous parce qu’elles ne nous aiment pas, elles disent que nous sommes loin d’elles. C’est la raison pour laquelle certains de ceux qui ont lu concernant mes intimités avec toi en sont venus à douter de moi. C’est exactement parce qu’ils croient que je suis un Dieu distant et qu’à cause de cette distance, il ne pourrait pas y avoir autant d’intimité entre toi et moi. Ma fille, veux-tu savoir ce qui rend Dieu vivant dans le coeur des créatures ? C’est ma Volonté régnant dans la créature. Parce qu’en ne donnant pas vie à lavolonté humaine, mon Fiat permet à la créature de ressentir la vie de son amour, de sa puissance, de sa bonté et de sa sainteté qui court dans tous les actes de la créature. Pour cette créature, ce n’est pas un Dieu distant qui existe, mais un Dieu proche dont la vie est la cause première de la vie de la créature et de tous ses actes. En conséquence, la vie dans ma Divine Volonté maintient
la vigueur de tous les biens que nous avons donnés à l’homme en le créant, et elle fait de lui le trône de Dieu et de sa gloire, où Dieu règne et domine.

Correspondances dans « L’Évangile tel qu’il m’a été révélé » de Maria Valtorta
En préparation de la Fête de Saint Thomas, Apôtre
[Maria Valtorta écrit : ]
Le foyer rustique de l’atelier est allumé, alors qu’il ne servait plus depuis bien longtemps. L’odeur de la colle qui bout dans un récipient se mêle à celle, bien caractéristique, de la sciure et des copeaux qui tombent encore au pied de l’établi.
Jésus scie et rabote avec entrain pour transformer des planches en pieds de chaises, en tiroirs et autres objets. Des meubles, les modestes meubles de la petite maison de Nazareth, ont été apportés dans l’atelier : la huche qui a besoin d’être réparée, un des métiers de Marie, deux tabourets, une échelle de jardin, un petit coffre et la porte du four, je crois, rongée en bas, peut-être par les rats. Jésus remet en état ce que l’usage et la vétusté ont abîmé.
Thomas, de son côté, muni de tout un outillage de petits instruments d’orfèvre qu’il a certainement sortis de son sac — qui se trouve sur sa couchette contre le mur, comme celle du Zélote —, travaille d’une main légère sur des feuilles d’argent. Les coups de son petit marteau sur le burin produisent un son argentin qui se fond dans le bruit plus fort des instruments de travail dont se sert Jésus.
De temps à autre, ils échangent quelques mots, et Thomas est si heureux d’être là avec le Maître et occupé à son travail d’orfèvre — d’ailleurs, il le dit —, qu’il sifflote tout doucement dans les pauses du dialogue. De temps en temps, il lève les yeux et réfléchit. L’air absorbé, il fixe les murs enfumés de la pièce.
Jésus le remarque et lui dit :
« Tu tires ton inspiration de ces murs noircis, Thomas ? Il est vrai que ce qui leur a donné cet aspect, c’est le long travail d’un juste, mais il ne me semble pas que cela puisse inspirer des motifs à un orfèvre…
– Non, Maître. En effet, un orfèvre ne peut, avec un riche métal, rendre la poésie de la sainte pauvreté… En revanche, il peut se servir de ce métal pour imiter les beautés de la nature et ennoblir ainsi l’or et l’argent en reproduisant les fleurs, les feuilles qui existent dans la création. Moi, c’est à ces fleurs, à ces feuilles que je pense et, pour m’en rappeler l’aspect, je m’immobilise ainsi, les yeux tournés vers les murs, mais ce que je vois en réalité, ce sont les bosquets et les prairies de notre patrie, les feuilles légères, les fleurs qui ressemblent à des coupes ou à des étoiles, le port des tiges et des feuillages…
– Dans ce cas, tu es un poète, qui chante sur le métal ce que chante un autre en écrivant sur le parchemin.
– Oui, c’est vrai. L’orfèvre est un poète qui inscrit sur le métal les splendeurs de la nature, mais notre travail, artistique et beau, ne vaut pas le tien qui est humble et saint : le nôtre sert à la vanité des riches, alors que le tien sert à la sainteté de la maison et à l’utilité des pauvres.
– Tu as raison, Thomas » intervient Simon le Zélote, apparaissant sur le seuil qui donne sur le jardin, en vêtement court, les manches retroussées, avec, par devant, un vieux tablier, et à la main un pot de peinture.
Jésus et Thomas se retournent pour le regarder en souriant. Et Thomas répond :
« Oui. Pourtant je veux que, pour une fois, le travail de l’orfèvre serve à orner une… réalisation bonne, sainte…
– Quoi donc ?
– C’est un secret. Il y a bien longtemps que j’y pense. Depuis que nous sommes allés à Rama, je porte sur moi un petit outillage d’orfèvre en attendant ce moment… […] Moi, je crois que, quand ta bonne Nouvelle pourra être annoncée partout dans le monde, les premiers à l’accueillir et les plus nombreux seront justement les esclaves, ceux qui n’ont aucune consolation humaine, et ils se réfugieront dans tes promesses pour en trouver… Et je vous assure que, s’il me revient justement l’honneur de t’annoncer, je montrerai un amour spécial pour ces malheureux…
– Et tu feras bien, Thomas, dit Jésus.
– Oui. Mais comment les approcheras-tu ?
– Je serai orfèvre pour les dames et… maître pour leurs esclaves. Un orfèvre entre dans les maisons des riches ou leurs serviteurs viennent chez lui… et je travaillerai… deux métaux : ceux de la terre pour les riches… et ceux de l’esprit pour les esclaves.
– Que Dieu bénisse tes projets, Thomas. Persévère dans cette intention…
– Oui, Maître.
L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, ch 434.1-2