Lundi Saint 2021 - Disciples Amoureux Missionnaires
 C’était un voleur : comme il tenait la bourse commune, il prenait ce que l’on y mettait. Jn 12, 6
En fait, ce n’est pas la grandeur des actions qui m’importe mais l’intention avec laquelle elles sont faites.
Le livre du Ciel Tome 2, 7 mai 1899
Ma personne est entourée des actions des âmes comme d’un vêtement. Plus leurs intentions sont pures et leur amour intense, plus elles me donnent de splendeur ; de mon côté, je leur donne plus de gloire, à tel point qu’au jour du jugement, je les ferai connaître au monde entier afin
qu’on sache combien elles m’ont honoré et combien je les honore. » D’un air affligé, il ajouta : « Ma fille, qu’adviendra-t-il des âmes ayant fait tant d’actions, même bonnes, sans pureté d’intention, par habitude ou par égoïsme ? Quelle honte elles éprouveront au jour du jugement en voyant ces actions, bonnes en soi, mais tarées à cause de leurs intentions imparfaites ; au lieu de leur faire honneur, elles seront source de honte pour elles et pour bien d’autres.» Jésus est demeuré silencieux quelque temps pendant que je réfléchissais aux paroles qu’il m’avait dites sur la pureté d’intention
et aussi sur le fait qu’en faisant le bien, les créatures doivent mourir à elles-mêmes et ne faire qu’un avec le Seigneur.
Jésus ajouta : « Il en est bien ainsi : mon Coeur est infiniment grand, mais la porte pour y entrer est très étroite. Personne ne peut venir combler son vide, sauf les âmes dépouillées et simples. Puisque sa porte est étroite, la moindre petite entrave – l’ombre d’un attachement, une intention qui n’est pas droite, une action qui n’a pas pour but de me plaire – les empêche de venir s’y délecter. L’amour du prochain pénètre dans mon Coeur mais, pour cela, il doit être tellement uni à mon propre amour qu’il ne fasse qu’un
avec lui, qu’on ne puisse distinguer son amour du mien. Je ne peux considérer comme mien l’amour du prochain, s’il n’est pas transformé en mon propre amour. »

Correspondances dans « L’évangile tel qu’il m’a été révélé » de Maria Valtorta :

Marie-Madeleine rentre. Elle a dans les mains une amphore au col très fin, qui se termine par un bec gracieux comme celui d’un oiseau. L’albâtre est d’une couleur précieuse jaune rosé, comme certaines carnations de blondes. Les apôtres la regardent, croyant peut-être qu’elle apporte quelque friandise rare. Mais Marie ne va pas au centre, à l’intérieur de l’U de la table où se trouve sa sœur. Elle passe derrière les lits-sièges, et va se placer entre celui de Jésus et Lazare et celui où sont les deux Jacques.

Elle ouvre le vase d’albâtre et met sa main sous le bec, pour recueillir quelques gouttes d’un liquide filant qui coule lentement de l’amphore ouverte. Une odeur pénétrante de tubéreuse et d’autres essences, un parfum intense et très agréable se répand à travers la salle. Mais Marie n’est pas contente du peu qui arrive. Elle se penche et casse d’un coup sûr le col de l’amphore contre le coin du lit de Jésus. Le col fin tombe par terre, répandant sur le marbre du pavé des gouttes parfumées. Maintenant l’amphore a une large ouverture et l’abondance de l’onguent en déborde en un jet épais.

 

328> Marie se place derrière Jésus et répand l’huile épaisse sur la tête de son Jésus, elle en enduit toutes les boucles, les allonge et puis les met en ordre, sur la tête adorée, avec le peigne qu’elle enlève de ses cheveux. La tête blonde-rouge de Jésus resplendit comme de l’or foncé, très brillant après cette onction. La lumière du lampadaire, que les serviteurs ont allumé, se reflète sur la tête blonde du Christ, comme sur un très beau casque de bronze cuivré. Le parfum est enivrant; il pénètre dans les narines, monte à la tête, à force d’être piquant comme de la poudre à éternuer tant il est pénétrant, répandu ainsi sans mesure.

Lazare tourne la tête en arrière. Il sourit en voyant avec quel soin Marie oint et peigne les boucles de Jésus pour que sa tête paraisse en ordre après l’odorante friction. Elle ne se soucie pas que ses tresses ne sont plus maintenues par le large peigne qui aide les épingles à les tenir en place, et elles tombent de plus en plus sur le cou, prêtes à tomber complètement sur les épaules. Marthe aussi regarde et sourit. Les autres parlent entre eux à voix basse et avec des expressions diverses sur le visage.

Mais Marie n’est pas encore satisfaite. Il y a encore beaucoup d’onguent dans le vase brisé, et les cheveux de Jésus, si touffus qu’ils soient, en sont déjà saturés. Alors Marie répète le geste d’amour d’un soir lointain [4]. Elle s’agenouille au pied du lit, dénoue les lacets des sandales de Jésus, déchausse ses pieds et, plongeant dans le vase les longs doigts de sa très belle main, elle en tire tout ce qu’elle peut d’onguent, et l’étend sur les pieds nus, doigt par doigt, puis sur la plante et le talon et au-dessus à la cheville, qu’elle découvre en rejetant en arrière le vêtement de lin, et afin sur le dos du pied, elle s’attarde sur les métatarses où entreront les clous redoutables, insiste jusqu’à ce qu’elle ne trouve plus de baume dans le creux du vase. Alors elle le brise contre le sol et puis ayant les mains libres, enlève ses grosses épingles, défait rapidement ses lourdes tresses et emporte avec cet écheveau d’or, vivant, doux, coulant, ce qui reste de l’onction des pieds de Jésus, qui laissent dégoutter le baume.

 586.7 – Judas jusque-là s’était tu, observant d’un regard impur de luxure et d’envie la femme très belle et le Maître dont elle oignait la tête et les pieds. Il élève la voix, seule voix d’un reproche déclaré. Les autres, pas tous, mais certains, avaient quelque peu murmuré ou fait un geste de désaccord étonné mais paisible.

  329> Mais Judas, qui s’est même mis debout pour mieux voir l’onction des pieds du Christ, dit avec mauvaise grâce :

« Quel gaspillage inutile et païen ! Pourquoi le faire ? Et après cela, on ne veut pas que les Chefs du Sanhédrin parlent de péché ! Ce sont des actes de courtisane lascive et ils ne s’harmonisent pas avec la nouvelle vie que tu mènes, Ô femme. Ils rappellent trop ton passé ! »

L’insulte est telle que tous restent abasourdis. Elle est telle que tous s’agitent, les uns s’assoyant sur leurs lits, les autres se levant. Tous regardent Judas comme s’il était devenu subitement fou.

Marthe rougit. Lazare se lève brusquement en donnant un coup de poing sur la table et il dit : « Dans ma maison… » mais ensuite il regarde Jésus et s’arrête.

« Oui. Vous me regardez ? Tous, vous avez murmuré dans votre cœur. Mais maintenant que je me suis fait votre écho et que j’ai dit ouvertement ce que vous pensiez, vous voilà prêts à me donner tort. Je répète ce que j’ai dit. Bien sûr je ne veux pas dire que Marie soit l’amante du Maître, mais je dis que certains actes ne conviennent ni à Lui, ni à elle. C’est une action imprudente, et même injuste. Oui. Pourquoi ce gaspillage ? Si elle voulait détruire les souvenirs de son passé, elle pouvait me donner ce vase et cet onguent. Il y avait au moins une livre de nard pur, et de grand prix ! Je l’aurais vendu pour trois cent deniers [5] au moins car un nard de cette valeur va jusqu’à ce prix. Et je pouvais vendre le vase qui était beau et précieux. J’aurais donné cet argent aux pauvres qui nous assiègent. Il n’y en a jamais assez, et demain, à Jérusalem, innombrables seront ceux qui demanderont une obole. »

« Cela c’est vrai ! » admettent les autres. « Tu pouvais en employer un peu pour le Maître, et le reste… »

 586.8 – Marie de Magdala est comme sourde. Elle continue à essuyer les pieds du Christ avec ses cheveux dénoués qui maintenant, surtout en bas, sont eux aussi alourdis par l’onguent et plus foncés que sur le sommet de la tête. Les pieds de Jésus sont lisses et doux avec leur couleur de vieil ivoire, comme s’ils étaient couverts d’un nouvel épiderme. Et Marie chausse de nouveau les sandales au Christ, et elle baise chaque pied avant et après de le chausser, sourde à tout ce qui n’est pas son amour pour Jésus.

330> Jésus la défend en posant une main sur la tête de Marie inclinée dans le dernier baiser et en disant :

« Laissez-la faire. Pourquoi lui donnez-vous peine et ennui ? Vous ne savez pas ce qu’elle a fait. Marie a accompli envers Moi une action juste et bonne. Les pauvres il y en aura toujours parmi vous. Moi, je vais m’en aller. Eux, vous les aurez toujours, mais Moi, bientôt, vous ne m’aurez plus. Aux pauvres, vous pourrez toujours donner une obole. À Moi, d’ici peu, au Fils de l’homme parmi les hommes, il ne sera plus possible de donner aucun honneur, par la volonté des hommes et parce que l’heure est venue. Pour elle, l’amour est lumière. Elle sent que je vais mourir et elle a voulu donner à l’avance à mon corps les onctions pour sa sépulture. En vérité je vous dis que là où sera prêchée la Bonne Nouvelle, on fera mémoire de son acte d’amour prophétique. Dans le monde entier, dans tous les siècles. Plaise à Dieu de faire de toute créature une autre Marie, qui ne calcule pas la valeur, qui ne nourrit pas d’attachement, qui ne conserve pas de souvenir, même le plus petit du passé, mais détruit et piétine tout ce qui est de la chair et du monde, et se brise et se répand, comme elle a fait du nard et de l’albâtre, sur son Seigneur et par amour pour Lui. Ne pleure pas, Marie. Je te répète, à cette heure, les paroles que j’ai dites au pharisien Simon et à Marthe ta sœur : « Tout t’est pardonné parce que tu as su aimer totalement« . Tu as choisi la meilleure part, et elle ne te sera pas enlevée. Va en paix, ma douce brebis retrouvée. Va en paix. Les pâturages de l’amour seront ta nourriture éternellement. Lève-toi. Baise aussi mes mains qui t’ont absoute et bénie… Combien elles en ont absous, bénis, comblés de bienfaits, mes mains ! Et pourtant je vous dis que le peuple que j’ai comblé est en train de préparer pour ces mains la torture… »