Religieuse visitandine de Paray-le-Monial qui donna un élan décisif à la dévotion au Sacré-Cœur de Jésus.
Ce 16 octobre 2026, nous méditons l’Évangile à la lumière de la Divine Volonté
De l’Évangile de Luc 12, 1-7
En ce temps-là, comme la foule s’était rassemblée par milliers au point qu’on s’écrasait, Jésus, s’adressant d’abord à ses disciples, se mit à dire : « Méfiez-vous du levain des pharisiens, c’est-à-dire de leur hypocrisie. Tout ce qui est couvert d’un voile sera dévoilé, tout ce qui est caché sera connu. Aussi tout ce que vous aurez dit dans les ténèbres sera entendu en pleine lumière, ce que vous aurez dit à l’oreille dans le fond de la maison sera proclamé sur les toits. Je vous le dis, à vous mes amis : Ne craignez pas ceux qui tuent le corps, et après cela ne peuvent rien faire de plus. Je vais vous montrer qui vous devez craindre : craignez celui qui, après avoir tué, a le pouvoir d’envoyer dans la géhenne. Oui, je vous le dis : c’est celui-là que vous devez craindre. Est-ce que l’on ne vend pas cinq moineaux pour deux sous. Or pas un seul n’est oublié au regard de Dieu. À plus forte raison les cheveux de votre tête sont tous comptés. Soyez sans crainte : vous valez plus qu’une multitude de moineaux. »
Soyez sans crainte : vous valez plus qu’une multitude de moineaux. lc 12, 7
Notre amour, quel qu’en soit le prix, veut aimer la créature.
8 juin 1931. Le Livre du Ciel, tome 29
Fille bien-aimée, ma joie est immense lorsque la créature se souvient de mon amour dans la création de l’homme, alors que notre amour ressemblait à celui d’une mère qui donne le jour à son enfant. Notre amour se hâtait d’enclore en lui la créature afin que partout, à l’extérieur comme à l’intérieur d’elle-même, elle puisse entendre la voix de notre amour lui disant : « Je t’aime, je t’aime. »
Le doux son de notre amour lui murmure à l’oreille, bat dans son cœur, l’embrasse ardemment, résonne fortement sur ses lèvres et l’étreint dans nos bras paternels, comme pour lui dire en triomphe que notre amour, quel qu’en soit le prix, veut aimer la créature.
Si bien qu’il n’existe rien de plus doux, rien de plus agréable, que de nous rappeler avec quel amour nous avons créé l’homme et toutes choses. Et notre plaisir est si grand que, pour l’heureuse créature qui vient devant notre adorable Majesté pour rappeler un si grand amour, nous redoublons nos liens d’amour pour elle, nous lui donnons de nouvelles grâces, une nouvelle lumière, et nous l’appelons celle qui renouvelle notre fête, car dans la Création, tout n’était que fête pour nous et pour tous.
Et la créature qui rappelle ce que nous avons fait dans la Création met en fête notre amour, notre puissance, notre sagesse créatrice qui a créé tout l’univers avec une inimitable maîtrise, laquelle s’est surpassée dans la création de l’homme.
C’est pourquoi toutes nos divines qualités sont en fête et la créature regarde ce qu’elle a mis en fête par son souvenir et son petit échange d’amour, et nos qualités divines rivalisent entre elles pour redoubler tantôt l’amour, tantôt la bonté et tantôt la sainteté.
Bref, chacune de nos divines qualités veut donner de ce qu’elle a afin de répéter dans la créature ce que nous avons fait dans la Création.
Par conséquent, répète souvent le doux souvenir de l’amour insurpassable que nous avons eu dans la Création. C’est une créature sortie de nous, une de nos images, un de nos enfants que nous avons mis au jour et à qui nous avons témoigné tant d’amour ; et en éveillant ce souvenir, nous l’aimons encore plus.
Si bien que la Création tout entière n’est rien d’autre qu’une manifestation de notre Volonté amoureuse envers la créature, et dans ce témoignage d’amour, elle répète : « Fiat, Fiat », afin d’orner toute la Création de son étalage d’amour.
Correspondances dans « L’Évangile tel qu’il m’a été révélé » de Maria Valtorta
Sainte Marguerite-Marie Alacoque
Sœur et mystique française (1647-1690), Marguerite-Marie reçoit, d’après son propre témoignage, des apparitions de Jésus qui inspirent au culte du Sacré-Cœur. Elle était entrée au monastère de Paray-le-Monial le 27 décembre 1673 et les apparitions de Jésus continuèrent pendant 17 ans, jusqu’au jour de sa mort.
[Maria Valtorta nous décrit cette épisode dans une de ces visions : ]
Voici alors la belle partie de la vision. La grille, la grille tout entière, brille comme si un feu vif s’était allumé derrière le rideau. La lampe qui, auparavant, semblait être une étoile rayonnante, disparaît maintenant dans la lumière qui augmente et devient peu à peu d’un blanc argenté intense, si intense que les yeux ne voient plus qu’elle. La grille disparaît sous l’effet de ce flamboiement. Dans cet éclat, Jésus apparaît, debout, revêtu de son vêtement blanc et de son manteau rouge, souriant, très beau.
Il appelle : « Marguerite ! » pour sortir la sœur de l’extase dans laquelle elle le regarde. Il l’appelle à trois reprises, de plus en plus doucement et avec un sourire d’une intensité croissante.
Il s’avance en marchant haut au-dessus du sol sur le tapis de lumière qui se trouve sous lui. « C’est moi, Jésus que tu aimes. N’aie pas peur. »
Marguerite-Marie , tout heureuse, le regarde et dit entre ses larmes :
« Qu’attends-tu de moi, Seigneur ? Pourquoi m’apparais-tu ?
– Je suis Jésus qui t’aime, Marguerite, et je veux que tu me fasses aimer.
– Comment cela m’est-il possible, Seigneur ?
– Regarde. Tu seras capable de tout, car ce que tu vas voir te donnera force et voix pour secouer le monde et l’amener à moi. Voici mon Cœur. Regarde. C’est le Cœur qui a tant aimé les hommes en désirant en être aimé. mais il n’est pas aimé. C’est dans cet amour que se trouverait le salut du genre humain. Marguerite, dis au monde que je veux que mon Cœur soit aimé. J’ai soif ! Donne-moi à boire. J’ai faim ! Donne-moi à manger.
Je souffre ! Console-moi. Cette mission fera ta joie et ta souffrance. Mais je te demande de ne pas la refuser. Viens. Viens à moi. Approche-toi de moi. Embrasse mon Cœur. Tu n’auras plus peur de rien… »
Marguerite-Marie, en extase, se lève et marche vers Jésus. La grande lumière fait paraître son visage en-core plus pâle. Elle se prosterne aux pieds de Jésus.
Mais il la relève puis, tout en la soutenant de la main gauche, il écarte son vêtement sur son cœur et on dirait que, avec son vêtement, la chair s’ouvre elle aussi. Alors le Cœur divin apparaît, vivant ; il bat entre des torrents de lumière qui embrasent le pauvre chœur et rendent le corps humain de la disciple bien-aimée resplendissant comme un corps déjà spiritualisé.
Jésus l’incline vers lui puis, avec une violence amoureuse, il lui porte le visage à la hauteur de son Cœur et le serre contre lui ; il soutient Marguerite-Marie, en extase, qui sinon tomberait de joie et il la soutient encore quand il l’écarte de lui, avec douceur. Il la ramène alors au sol – car Marguerite-Marie a marché sur la traînée de lumière pour aller vers Jésus – et ne la lâche pas avant de la voir en sûreté à sa place. Il dit alors :
« Je reviendrai te dire mes volontés. Aime-moi toujours plus. Va en paix. »
La lumière l’absorbe comme un nuage puis s’atténue progressivement pour disparaître enfin. Désormais, seule la petite étoile jaune de la lampe luit dans l’obscurité du chœur.
Voilà ce que j’ai vu. Jésus me dit alors : « Tu as fait l’adoration du jeudi, vigile du premier vendredi. Que veux-tu de mieux ? » Il sourit et me quitte. Les Cahiers de 1944, 2 juin