En ce temps-là, Jésus, marchant vers Jérusalem, traversait la région située entre la Samarie et la Galilée. Comme il entrait dans un village, dix lépreux vinrent à sa rencontre. Ils s’arrêtèrent à distance et lui crièrent : « Jésus, maître, prends pitié de nous. » À cette vue, Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés. L’un d’eux, voyant qu’il était guéri, revint sur ses pas, en glorifiant Dieu à pleine voix. Il se jeta face contre terre aux pieds de Jésus en lui rendant grâce. Or, c’était un Samaritain. Alors Jésus prit la parole en disant : « Tous les dix n’ont-ils pas été purifiés ? Les neuf autres, où sont-ils ? Il ne s’est trouvé parmi eux que cet étranger pour revenir sur ses pas et rendre gloire à Dieu ! » Jésus lui dit : « Relève-toi et va : ta foi t’a sauvé. »
Jésus leur dit : « Allez vous montrer aux prêtres. » En cours de route, ils furent purifiés. Lc 17, 14
« Là, ça suffit ; rentre dans l’ordre, reprends ta place d’honneur comme œuvre digne de ton Créateur. »
Le livre du Ciel Tome 30, 2 avril 1932
je me disais : « Comment une créature peut-elle redevenir belle et sainte comme elle l’était en sortant des mains créatrices de Dieu, afin de réaliser le Royaume du Fiat au sein de la famille humaine ? » Et mon bien-aimé Jésus me surprit en me disant : Ma fille, toutes les œuvres de notre Être suprême sont parfaites et achevées. Pas une seule n’est faite à moitié. La création est achevée et parfaite ; de fait, les choses de nécessité absolue ne sont pas nombreuses comparées au luxe, à la splendeur de notre puissance, de notre amour et de notre magnificence. Faudrait-il que l’homme, celui pour qui toutes choses ont été créées, soit notre seule œuvre défectueuse et inachevée ? De quoi s’agit-il ? Que notre Fiat puisse avoir son Royaume en chaque créature. Et parce que l’homme a péché, il en est resté souillé et laid, et comme une résidence qui s’écroule, il est exposé aux voleurs et à ses ennemis. Comme si notre Puissance pourrait être limitée, sans le pouvoir de faire ce qu’elle veut, comme elle le veut, et autant qu’elle le veut. Quiconque croit que le Royaume de notre Volonté ne peut pas venir doute de l’Être suprême lui-même. Nous pouvons faire toute chose, et le vouloir peut Nous manquer, mais lorsque nous le voulons, notre Puissance est si grande que ce que nous voulons faire, nous le faisons, et rien ne peut résister à notre Puissance. C’est pourquoi nous avons le pouvoir de réhabiliter l’homme, de le rendre plus beau qu’avant, plus fort qu’il ne l’était, et avec le souffle de notre Puissance enfermer dans les ténèbres de l’abîme les voleurs et les ennemis de l’homme. Si bien que l’homme, si loin qu’il soit parti de notre Divine Volonté, n’a pas cessé d’être notre œuvre, et bien qu’il soit désordonné, notre Puissance, qui veut autour d’elle une œuvre accomplie et parfaite, mettra une limite aux désordres de l’homme, à ses faiblesses, et elle lui dira avec son empire : « Là, ça suffit ; rentre dans l’ordre, reprends ta place d’honneur comme œuvre digne de ton Créateur. »
Correspondances dans « L’évangile tel qu’il m’a été révélé » de Maria Valtorta :
L’un des lépreux les suit de plus en plus près, même sur la grand-route — qu’ils ont fini par atteindre —, en désignant Jésus aux pèlerins.
Les apôtres, agacés, se retournent deux ou trois fois en intimant au lépreux, parfaitement guéri, de se taire. Et, la dernière fois, ils vont jusqu’à le menacer.
Mais lui, cessant un instant de s’égosiller pour s’adresser à tous, répond :
« Et que voulez-vous ? Que je ne proclame pas le prodige que Dieu a fait pour moi ? Voulez-vous que je ne le bénisse pas ?
– Bénis-le dans ton cœur et tais-toi, lui répondent-ils, fâchés.
– Non, je ne puis me taire. C’est Dieu qui met ces mots sur mes lèvres. » Et il reprend à haute voix : « Habitants des deux côtés de la frontière, et vous qui passez par hasard, arrêtez-vous pour adorer celui qui régnera au nom du Seigneur. Je me moquais de toutes ces paroles, mais maintenant je les répète, car je les vois accomplies. Voici que toutes les nations s’ébranlent et s’avancent dans l’allégresse vers le Seigneur par les chemins des mers et des déserts, par les collines et les monts. Et nous aussi, le peuple qui a cheminé dans les ténèbres, nous allons marcher vers la grande Lumière qui a surgi, vers la Vie, et sortir de la région de la mort. De loups, léopards ou lions que nous étions, nous allons renaître dans l’Esprit du Seigneur et nous nous aimerons en lui, à l’ombre du Rejeton de Jessé devenu un cèdre sous lequel campent les nations rassemblées par lui des quatre coins de la terre. Voici venir le jour où la jalousie d’Ephraïm prendra fin, parce qu’il n’y a plus Israël et Juda, mais un seul Royaume : celui du Christ du Seigneur. Voilà, je chante les louanges du Seigneur qui m’a sauvé et consolé. Je vous le dis : louez-le et venez boire le salut à la source du Sauveur. Hosanna ! Hosanna aux prodiges qu’il accomplit ! Hosanna au Très-Haut qui a placé au milieu des hommes son Esprit en le revêtant de chair, pour qu’il devienne le Rédempteur ! »
Il est intarissable. La foule augmente, les gens se groupent, encombrant la route. Ceux qui étaient en arrière accourent, ceux qui étaient en avant rebroussent chemin. Les habitants d’un petit village, près duquel ils se trouvent maintenant, s’unissent aux passants.
« Mais fais-le taire, Seigneur ! C’est un Samaritain : les gens le disent. Il ne doit pas parler de toi si tu ne permets même pas que nous te précédions en t’annonçant ! » disent les apôtres, contrariés.
« Mes amis, je vous répète les paroles de Moïse à Josué, fils de Num, qui se plaignait de ce que Eldad et Médad prophétisaient dans les campements : “ Serais-tu jaloux pour moi, à ma place ? Ah ! puisse le peuple tout entier prophétiser ainsi, puisse le Seigneur donner à tous son Esprit ! ” Mais je vais m’arrêter et je vais le renvoyer pour vous faire plaisir. »
Il se retourne, s’arrête et appelle le lépreux guéri, qui accourt et se prosterne devant Jésus en baisant la poussière.
« Lève-toi. Et les autres, où sont-ils ? N’étiez-vous pas dix ? Les neuf autres n’ont pas éprouvé le besoin de remercier le Seigneur. Eh quoi ? Sur dix lépreux dont un seul était samaritain, il ne s’est trouvé que cet étranger pour éprouver le besoin de revenir rendre gloire à Dieu, avant de retourner lui-même à la vie et à sa famille ? Et on l’appelle “ samaritain ”. Les Samaritains ne sont-ils donc plus ivres, puisqu’ils voient sans avoir la berlue et accourent sans chanceler sur le chemin du salut ? La Parole s’exprime-t-elle donc dans une langue étrangère, si elle est comprise par les étrangers et pas par son peuple ? »
Il tourne ses yeux magnifiques sur une assistance originaire de toute la Palestine. Son regard a un éclat insoutenable… Plusieurs baissent la tête et éperonnent leurs montures, ou s’éloignent à pied…
Jésus baisse les yeux sur le Samaritain agenouillé à ses pieds, et son regard se fait très doux. Il lève la main en un geste de bénédiction et dit :
« Lève-toi et pars. Ta foi a sauvé en toi quelque chose de plus que ta chair. Avance dans la lumière de Dieu. Va. »
L’homme baise de nouveau la poussière et, avant de se lever, il demande :
« Un nom, Seigneur ! Donne-moi un nom nouveau, puisque tout est neuf en moi, et pour toujours.
– Dans quelle terre nous trouvons-nous ?
– Dans le pays d’Ephraïm.
– Alors, tu t’appelleras désormais Ephrem, parce que c’est deux fois que la Vie t’a donné la vie. Va. »
L’homme se lève et s’éloigne.
Les gens de l’endroit et quelques pèlerins voudraient bien retenir Jésus, mais lui les subjugue par son regard, qui n’est pas sévère, mais très doux au contraire. Il doit néanmoins dégager une puissance certaine, car personne ne fait un geste pour le retenir. Tome 6 – ch 483.7