Mercredi 27 Janvier 2021 - Disciples Amoureux Missionnaires
« Et il y a ceux qui ont reçu la semence dans la bonne terre : ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit : trente, soixante, cent, pour un. »
« ceux-là entendent la Parole, ils l’accueillent, et ils portent du fruit […] elle cultive la semence, l’arrose, et elle devient une plante qui produit ses fruits. »
Le Livre du Ciel Tome 24, 29 avril 1928
« Ma fille, lorsque l’âme pratique une vertu, le premier acte qu’elle pratique forme la semence, et en pratiquant le second, le troisième et ainsi de suite, elle cultive la semence, l’arrose, et elle devient une plante qui produit ses fruits. Si l’âme ne pratique cette vertu qu’une seule fois, ou un petit nombre de fois, la semence n’est ni arrosée ni cultivée – elle meurt, et l’âme reste sans plante et sans fruits, car une vertu n’est jamais formée par un acte seul, mais par des actes répétés. Cela se passe comme sur la terre : il ne suffit pas de semer la graine en terre, il faut la cultiver souvent et l’arroser si l’on veut avoir la plante et les fruits de cette semence ; sinon la terre durcit et la recouvre sans lui donner la vie. Celui qui veut acquérir une vertu comme celle de patience, d’obéissance, ou autre, doit semer la première semence pour ensuite l’arroser et la cultiver avec d’autres actes. De cette façon, l’âme formera un grand nombre de plantes belles et diverses. Par contre, ma Volonté n’est pas une semence comme les vertus – elle est la vie ; et à mesure que l’âme commence à être résignée, à voir ma Volonté en toute chose et à vivre en elle, la petite vie divine se forme en elle. Et en progressant dans la pratique de la vie dans ma Volonté, cette vie divine continue à croître et à s’étendre, au point de remplir toute l’âme de cette vie, de telle sorte qu’il ne reste plus d’elle qu’un voile qui la recouvre et la cache en ellemême. Et il en est de ma Volonté comme de ces vertus : si la créature ne donne pas l’aliment naturel de ses actes à la vie divine qui est en elle, cette vie ne grandit pas et ne la remplit pas entièrement. C’est ce qui arrive à un nouveau-né qui n’est pas nourri après sa naissance et qui meurt. En fait, puisqu’elle est la vie, ma Volonté a besoin, plus que les vertus qui sont les images des plantes, d’être continuellement nourrie pour grandir et devenir une vie entière, autant que la créature en est capable. C’est pourquoi il est nécessaire que tu vives toujours en elle, que tu prennes ses délicieux aliments de ma Volonté elle-même afin de nourrir en toi sa vie divine. Tu vois donc combien grande est la différence entre les vertus et ma Volonté : les premières sont des plantes, des fleurs et des fruits qui embellissent la terre et ravissent les créatures, alors que mon Fiat est le ciel, le soleil, l’air, la chaleur et les battements du cœur – toutes choses qui forment la vie, et une vie divine, dans les créatures. Par conséquent, aime cette vie et nourris-la continuellement afin qu’elle puisse te remplir entièrement et qu’il ne reste plus rien de toi. »

 

Correspondance dans « L’évangile tel qu’il m’a été révélé »
de Maria Valtorta :

 

La parabole du semeur
Un semeur s’en alla semer. Ses champs étaient nombreux et de différentes valeurs. Certains étaient un héritage de son père et la négligence y avait laissé proliférer les plantes épineuses. D’autres, c’était lui qui les avait acquis : il les avait achetés tels quels à un homme négligent et les avait laissés dans cet état.
D’autres encore étaient coupés de routes car cet homme aimait le confort et il ne voulait pas faire beaucoup de chemin pour aller d’une pièce à l’autre. Enfin il y en avait quelques uns, les plus proches de la maison auxquels il avait consacré tous ses soins pour avoir une vue agréable devant sa demeure. Ces derniers étaient bien débarrassés des cailloux, des ronces, du chiendent et d’autres encore.
L’homme prit donc son sac de grains de semence, les meilleurs des grains, et il commença l’ensemencement. Le grain tomba dans la bonne terre ameublie, labourée, propre, bien fumée des champs les plus proches de la maison. Il tomba sur les champs coupés de chemins et de sentiers, en y amenant de plus la crasse de poussières arides sur la terre fertile. Une autre partie tomba sur les champs où l’ineptie de l’homme avait laissé proliférer les plantes épineuses. Maintenant la charrue les avait bousculées, il semblait qu’elles n’existaient plus, mais elles étaient toujours là parce que seul le feu, la radicale destruction des mauvaises plantes les empêche de renaître. Le reste de la semence tomba sur les champs achetés depuis peu et qu’il avait laissés comme ils étaient sans les défricher en profondeur, sans les débarrasser de toutes les pierres répandues dans le sol qui y faisait un pavage où les racines tendres ne pouvaient pénétrer. Et puis, après avoir tout emblavé, il revint à la maison et dit : « Oh ! c’est bien ! Maintenant je n’ai plus qu’à attendre la récolte ». Et puis il se délectait parce qu’au fil des jours il voyait lever épais le grain dans les champs proches de la maison, et cela poussait… oh ! le soyeux tapis ! et puis les épis… oh ! quelle mer ! puis les blés blondissaient et chantaient, en battant épi contre épi, un hosanna au soleil L’homme disait : « Tous les autres champs vont être comme ceux-ci ! Préparons les faux et les greniers. Que de pain ! Que d’or ! » Et il se délectait…
Il coupa le grain des champs les plus proches et puis passa à ceux hérités de son père, mais laissés sans culture. Et il en resta bouche bée. Le grain avait abondamment poussé car les champs étaient bons et la terre, amendée par le père, était grasse et fertile. Mais sa fertilité avait agi aussi sur les plantes épineuses, bousculées mais toujours vivaces. Elles avaient repoussé et avaient formé un véritable plafond de ramilles hérissées de ronces au travers duquel le grain n’avait pu sortir qu’avec quelques rares épis. Le reste était mort presque entièrement, étouffé.
L’homme se dit : « J’ai été négligent à cet endroit, mais ailleurs il n’y avait pas de ronces, cela ira mieux ». Et il passa aux champs récemment acquis. Sa stupeur fit croître sa peine. Maigres et maintenant desséchées les feuilles du blé gisaient comme du foin sec répandu de partout. Du foin sec. « Mais comment ? Mais comment ? » disait l’homme en gémissant. « Et pourtant, ici il n’y a pas d’épines ! Et pourtant la semence était la même ! Et pourtant le blé avait poussé épais et beau ! On le voit aux feuilles bien formées et nombreuses. Pourquoi alors tout est-il mort sans faire d’épis ? » Et avec douleur il se mit à creuser le sol pour voir s’il trouvait des nids de taupes ou autres fléaux. Insectes et rongeurs non, il n’y en avait pas. Mais, que de pierres, que de pierres ! Un amas de pierraille. Les champs en étaient littéralement pavés et le peu de terre qui les recouvrait n’était qu’un trompe-l’œil. Oh ! s’il avait creusé le terrain quand c’était le moment ! Oh ! s’il avait creusé avant d’accepter ces champs et de les acheter comme un bon terrain ! Oh ! si au moins, après avoir fait l’erreur de les acheter au prix proposé sans s’assurer de leur qualité, il les avait améliorés en se fatiguant ! Mais désormais c’était trop tard et les regrets étaient inutiles.
L’homme se releva humilié et il se rendit aux champs qu’il avait coupés de petits chemins pour sa commodité… Et il déchira ses vêtements de douleur. Ici, il n’y avait rien, absolument rien… La terre foncée du champ était couverte d’une légère couche de poussière blanche… L’homme tomba sur le sol en gémissant: « Mais ici, pourquoi ? Ici il n’y a pas d’épines ni de pierres, car ce sont nos champs. L’aïeul, le père, moi-même, nous les avons toujours possédés et pendant des lustres et des lustres nous les avons rendus fertiles. J’y ai ouvert les chemins, j’ai enlevé de la terre aux champs, mais cela ne peut les avoir rendus stériles à ce point… » Il pleurait encore quand une réponse à ses plaintes douloureuses lui fut donnée par une bande de nombreux oiseaux qui s’abattaient des sentiers sur le champ et du champ sur les sentiers pour chercher, chercher, chercher des graines, des graines, des graines… Le champ, devenu un canevas de sentiers sur les bords desquels était tombé du grain, avait attiré une foule d’oiseaux qui avaient mangé d’abord le grain tombé sur les chemins et puis celui du champ jusqu’au dernier grain.
Ainsi l’ensemencement, le même pour tous les champs, avait donné ici le cent pour un, ailleurs soixante, ailleurs trente, ailleurs rien. Entende qui a des oreilles pour entendre. La semence c’est la Parole: elle est la même pour tous. Les endroits où elle tombe : ce sont vos cœurs. Que chacun en fasse l’application et comprenne. La paix soit avec vous. »
Explication de la parabole du semeur
« (…)Les paraboles sont bien utiles pour faire comprendre la comparaison, mais nous, nous comprenons qu’elles ont un sens qui dépasse la comparaison. Pourquoi leur parles-tu à eux en paraboles ? »
« Parce qu’à eux il n’est pas accordé de comprendre plus que ce que j’explique. À vous il est donné beaucoup plus parce que vous, mes apôtres, devez connaître le mystère, et il vous est par conséquent donné de comprendre les mystères du Royaume des Cieux. C’est pour cela que je vous dis: « Demandez si vous ne comprenez pas l’esprit de la parabole ». Vous donnez tout et tout vous est donné pour qu’à votre tour vous puissiez tout donner. Vous donnez tout à Dieu: affections, temps, intérêts, liberté, vie. Et Dieu vous donne tout en compensation et pour vous rendre capables de tout donner au nom de Dieu à qui vient après vous. Ainsi à celui qui a donné il sera donné et abondamment. Mais à celui qui n’a donné qu’en partie ou qui n’a pas donné du tout, on enlèvera même ce qu’il a.
Je leur parle en paraboles pour qu’en voyant, ils découvrent seulement ce qu’éclaire leur volonté d’adhésion à Dieu, pour qu’en écoutant, toujours par leur volonté d’adhésion, ils entendent et comprennent. Vous, vous voyez ! Beaucoup de gens entendent ma parole, peu adhèrent à Dieu. Leurs esprits sont privés de la bonne volonté. En eux s’accomplit la prophétie d’Isaïe: « Vous écouterez avec vos oreilles et vous n’entendrez pas. Vous regarderez de vos yeux et vous ne verrez pas ». Parce que ce peuple a un cœur insensible, les oreilles dures et les yeux fermés pour ne pas voir et ne pas entendre, pour ne pas entendre avec leurs cœurs et ne pas se convertir pour que je les guérisse.
Mais bienheureux êtes-vous à cause de vos yeux qui voient et de vos oreilles qui entendent, à cause de votre bonne volonté ! En vérité je vous dis que beaucoup de Prophètes et beaucoup de justes ont désiré voir ce que vous voyez et ne l’ont pas vu, entendre ce que vous entendez et ne l’ont point entendu. Ils se sont consumés dans le désir de comprendre le mystère des paroles mais, une fois éteinte la lumière de la prophétie, voilà que les paroles sont restées comme des charbons éteints, même pour le saint qui les avait eues.
Seul Dieu se révèle Lui-même. Quand sa lumière se retire, ayant atteint son but d’éclairer le mystère, l’incapacité de comprendre enserre, comme les bandelettes d’une momie, la vérité royale de la parole reçue. C’est pour cela que je t’ai dit ce matin : « Un jour viendra où tu retrouveras tout ce que je t’ai donné ». Maintenant tu ne peux retenir. Mais plus tard la lumière viendra sur toi, non pas pour un instant, mais pour un indissoluble mariage de l’Esprit Éternel avec le tien, qui rendra infaillible ton enseignement en ce qui concerne le Royaume de Dieu. Et comme ce sera pour toi, ce sera pour tes successeurs s’ils vivent de Dieu comme d’un unique pain.
Maintenant, écoutez l’esprit de la parabole. Nous avons quatre sortes de champs : ceux qui sont fertiles, ceux qui sont encombrés d’épines, ceux où abondent les pierres, ceux qui sont pleins de sentiers. Nous avons aussi quatre sortes d’esprits.
Nous avons les esprits honnêtes, les esprits de bonne volonté, préparés par leur travail et par le bon travail d’un apôtre, d’un « véritable » apôtre, car il y en a qui en ont le nom, mais pas l’esprit. Ils sont plus meurtriers sur les esprits en voie de formation que les oiseaux, les épines et les cailloux eux-mêmes. Avec leurs intransigeances, leurs hâtes, leurs reproches, avec leurs menaces, ils déroutent de telle façon qu’ils éloignent pour toujours de Dieu. Il y en a d’autres à l’opposé qui, par un arrosement continuel de bienveillance déplacée, font pourrir la semence dans une terre trop molle. Par leur manque de virilité ils dévirilisent les âmes dont ils s’occupent. Mais n’envisageons que les vrais apôtres, ceux qui sont de purs miroirs de Dieu. Ils sont paternels, miséricordieux, patients et en même temps forts comme leur Seigneur. Voilà que les esprits préparés par eux et par leur propre volonté sont comparables aux champs fertiles sans cailloux et sans ronces, nets de chiendent et d’ivraie. En eux prospère la parole de Dieu et toute parole : une semence fait une touffe et des épis, en donnant ici le cent pour cent, ailleurs le soixante, ailleurs encore le trente pour cent.
Y en a-t-il parmi ceux qui me suivent ? Certainement et ils seront saints. Parmi eux, il y en a de toutes les castes, de tous les pays. Il y a même des gentils et qui pourtant donneront le cent pour cent par leur bonne volonté, uniquement par elle, ou bien par elle et celle d’un apôtre ou d’un disciple qui me les prépare.

Les champs épineux sont ceux où l’incurie a laissé pénétrer les enchevêtrements épineux des intérêts personnels qui étouffent la bonne semence. Il faut se surveiller toujours, toujours, toujours. Il ne faut jamais dire : « Oh ! désormais je suis formé, ensemencé, je puis être tranquille que je donnerai des semences de vie éternelle ». Il faut se surveiller : la lutte entre le Bien et le Mal est continuelle. Avez-vous jamais observé une tribu de fourmis qui s’installent dans une maison ? Les voilà sur le foyer. La femme n’y laisse plus de nourriture et la met sur la table; et elles flairent l’air et donnent l’assaut à la table. La femme les met dans la crédence, et elles passent par la serrure. La femme suspend ses provisions au plafond, et elles font un long chemin le long des murs et des soliveaux, elles descendent le long des cordes et dévorent. La femme les brûle, les empoisonne et puis reste tranquille, croyant les avoir détruites. Oh ! si elle ne veille pas, quelle surprise ! Voilà que sortent celles qui viennent de naître et tout est à recommencer. C’est ainsi tant qu’on vit. Il faut se surveiller pour extirper les mauvaises plantes dès qu’elles sortent, dans le cas contraire elles font un plafond de ronces et étouffent la graine. Les soucis mondains, la duperie des richesses créent l’enchevêtrement, noient les plantes semées par Dieu et les empêchent de former l’épi.

Voici maintenant les champs pleins de cailloux. Combien il y en a en Israël ! Ce sont ceux qui appartiennent aux « fils des lois » comme l’a dit très justement mon frère Jude. Il ne s’y trouve pas la Pierre unique du Témoignage, il n’y a pas la Pierre de la Loi. Il y a la pierraille des petites, pauvres lois humaines créées par les hommes. Tant et tant qui, par leur poids, ont fait une carapace même à la Pierre de la Loi. C’est une ruine qui empêche tout enracinement de la semence. La racine n’est plus nourrie. Il n’y a plus de terre, plus de sucs nourriciers. L’eau fait pourrir parce qu’elle stagne sur les pavés des sillons. Le soleil échauffe les sillons et brûle les petites plantes. Ce sont les esprits de ceux qui ont remplacé par des doctrines humaines compliquées la simple doctrine de Dieu. Ils reçoivent, et même avec joie, ma parole.
Sur le coup, elle les ébranle et les séduit. Mais ensuite… Il faudrait de l’héroïsme pour piocher jusqu’à débarrasser le champ, l’âme et l’esprit de toute la pierraille des rhéteurs. Alors la semence s’enracinerait et formerait une forte touffe. Autrement… elle ne donne rien. Il suffit de la crainte de représailles humaines. Il suffit d’une réflexion : « Mais, après cela ? Que me feront-ils, les puissants ? » et la pauvre semence languit sans nourriture. Il suffit que toute la pierraille s’agite avec le son vain des cent et cent préceptes qui se sont substitués au Précepte et voilà que l’homme périt avec la semence qu’il a reçue… Israël est rempli de ces hommes. Ceci explique comment le chemin vers Dieu va en sens inverse de celui de la puissance humaine.
Enfin, pour finir, les champs pleins de sentiers, poussiéreux, dénudés. Ce sont ceux des mondains, des égoïstes. Leur confort est leur loi, la jouissance est leur but. Ne pas se fatiguer, sommeiller, rire, manger… L’esprit du monde est roi chez eux. La poussière de la mondanité couvre le terrain qui devient stérile. Les oiseaux, qui symbolisent la dissipation, se précipitent sur les mille sentiers qu’on a ouverts pour rendre la vie plus facile. L’esprit du monde, c’est-à-dire du Malin, dévore et détruit toute semence qui tombe sur ce terrain ouvert à toutes les sensualités et à toutes les légèretés.
Avez-vous compris ? Avez-vous autre chose à demander ? Non ? Alors nous pouvons aller nous reposer pour partir demain pour Capharnaüm. Je dois aller encore dans un endroit avant de commencer le voyage vers Jérusalem pour la Pâque. »