LA CRUCIFIXION DE NOTRE SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST - Missionnaires de la Divine Volonté

LA CRUCIFIXION – 19ᵉ HEURE 

Cette méditation est tirée des 24 heures de la passion du Christ de Luisa Piccarreta.

RÉFLEXION ET ANALYSE – (1ʳᵉ PARTIE) : JÉSUS CLOUÉ SUR LA CROIX

(De Liliana et Candido Fernandez) — traduction par les disciples amoureux missionnaires.

 

Ah, Tu répares la perfidie et l’obstination dans le péché, en particulier le péché d’orgueil. Jésus, je vois que, si l’amour ne T’avait pas poussé plus haut, Tu serais mort à cause de la cruauté de la douleur que Tu as endurée lors de ce troisième couronnement d’épines.
Luisa utilise deux adjectifs particulièrement incisifs lorsqu’elle décrit le péché que Jésus veut réparer par ce troisième couronnement. C’est le péché d’orgueil, le péché de l’autosuffisance, de l’autodéification, de la conception profondément erronée selon laquelle nous pouvons exister par nous-mêmes, loin de Dieu. Luisa dit que toute attitude pécheresse porte en elle une forme de perfidie et d’obstination. La perfidie est la méchanceté raffinée, traîtresse, qui ne prévient pas ; l’obstination est une attitude de persistance dans quelque chose qui peut être bon ou mauvais, mais lorsque l’on est obstiné dans le mal, il devient difficile, presque impossible, de percer l’armure de l’orgueil. L’orgueilleux vit dans un cercle vicieux qui se nourrit de perfidie et se renforce par l’obstination. Une fois encore, la question du nombre de fois où Jésus meurt dans la Passion, en particulier au cours de cette quatrième étape de la Crucifixion, apparaît dans ce petit paragraphe de Luisa. Elle comprend que Jésus serait mort si l’Amour n’avait pas voulu réserver Sa Mort pour plus tard. Jésus est mort une fois de plus à ce moment-là, pour sceller cette Réparation contre l’orgueil, et Il a été ramené à la vie par l’Amour, afin de pouvoir poursuivre le reste de la Passion.

 

Mais je vois que tu ne peux résister à la douleur, et avec les yeux voilés par le sang, tu regardes pour voir s’il n’y aurait pas quelqu’un qui veuille te soutenir dans tant de Souffrances et de confusion.
Bien qu’il soit ramené à la vie, Jésus est en proie à des douleurs insupportables, et il scrute du regard pour voir si l’un de ces soldats s’approche de Lui pour Lui offrir une forme de compassion humaine, un geste, un mot, un contact physique qui Le soulage.

 

Mon doux bien-aimé, ma vie bien-aimée, ici tu n’es pas seul comme lors de la nuit de la Passion, il y a ta Maman affligée, dont le cœur déchiré souffre autant de morts qu’il y a de peines que tu endures. Ô Jésus, il y a aussi la bien-aimée Madeleine, qui semble devenue folle à cause de tes peines ; le fidèle Jean, comme muet devant la douleur de ta Passion.
Une fois encore, Luisa relie cette Heure à l’Heure de « la nuit de la Passion » la Cinquième Heure. Elle fait correspondre les Heures du Jardin aux Heures de la nuit de la Passion, car c’est au cours de ces trois Heures que se déroule le processus complet de la Passion, infligé non pas par les Juifs ou les Romains, mais par la Divinité. Cependant, Luisa fait la distinction, selon laquelle, lors de la Crucifixion, Jésus a décidé de ne pas être seul comme il avait dû l’être au Jardin. Sur le Mont Calvaire, le Mont des Amants (le Mont de ceux qui l’aime vraiment), Il voulait être entouré des créatures qui L’avaient le plus aimé et qui, malgré tout, L’avaient accompagné jusque-là. Sa Sainte Mère en deuil, la bien-aimée Madeleine, et Jean, toujours fidèle, le disciple bien-aimé du Seigneur.

 

Mais dis-moi, mon amour, qui voudrais-tu pour te soutenir dans tant de douleur ? Ah, permets-moi de venir te soutenir. C’est moi qui en ai le plus besoin ;
Luisa a été « introduite » dans le Drame Éternel de la Passion de Jésus. Nous avons déjà mentionné à d’autres occasions que, bien que Luisa n’ait pas été présente lors de la Passion « d’origine », maintenant Jésus lui permet d’y participer et d’écrire sur ces événements, Luisa ne cessera désormais jamais de « participer » à la Passion du Seigneur. Si, par une grâce spéciale, nous pouvions jeter un œil au Drame Éternel de ces Heures, nous verrions maintenant Luisa à chacune de ces Heures, aidant, compatissant, réparant aux côtés de Jésus. Comme elle l’a déjà fait à d’autres occasions, Luisa demande à Jésus de lui permettre de réaliser ce qu’elle désire ardemment. Dans ce cas particulier, elle veut soutenir Jésus, qui s’effondre sous la terrible douleur du Troisième Couronnement, qui a été précédé d’un arrachement très violent de la Couronne d’épines. Luisa ajoute un commentaire qui, une fois en harmonie avec Jésus, se comprend parfaitement. Ce n’est pas elle qui aide Jésus, c’est Jésus qui, en permettant à Luisa de L’aider, finit par être Celui qui aide Luisa. Chaque fois que nous faisons quelque chose pour Jésus, il nous le rend au centuple et c’est finalement nous qui recevons son aide.

 

Ma Maman bien-aimée avec les autres, me cède la place, et moi, ô Jésus, je m’approche de Toi, je T’embrasse et je T’implore de poser Ta tête sur mes épaules et de me faire sentir sur ma tête Tes épines. Je veux poser ma tête près de la tienne, non seulement pour sentir tes épines, mais aussi pour laver, avec ton sang très précieux qui coule de ta tête, toutes mes pensées, afin qu’elles puissent toutes être disposées à réparer toute offense de pensée commise par toutes les créatures.
En tant que nouvelle participante au Drame éternel de la Passion de Jésus, les autres lui cèdent la place afin qu’elle puisse l’étreindre et soulager Sa Tête tourmentée, et la faire reposer sur ses épaules. Dans cette position, Luisa ne se contente pas de soutenir Sa Tête, mais elle sent la Couronne d’épines qui s’enfonce dans ses épaules, ce qui lui permet de demander une faveur supplémentaire à Jésus : elle souhaite que le Sang qui coule des blessures causées par les épines lave ses pensées, afin que celles-ci puissent s’aligner dans une attitude correcte de réparation pour les mauvaises pensées des autres. Une fois encore, Luisa comprend toujours intimement comment une réparation efficace peut être accomplie. Jésus est le seul qui puisse réparer, et par conséquent, toute réparation de notre part n’est efficace que si nous utilisons Son Humanité pour y parvenir.

 

 Mon amour, de grâce, blottis-toi contre moi, je veux embrasser une à une les gouttes de sang qui coulent sur ton très saint visage ; et tandis que je les adore une à une, je te prie que chaque goutte de ce sang soit lumière pour chaque esprit des créatures, afin qu’aucun ne t’offense par de mauvaises pensées.
Luisa veut embrasser chaque goutte de sang qui coule inévitablement des multiples piqûres que les épines infligent à Sa Tête, car dans chaque goutte de Son Sang se trouvent des mers d’amour, de beauté, de pardon pour chacun de nous. Chaque goutte de Son Sang renferme la vie de chaque créature, le Salut de tous, le remède à tous les maux qui nous affligent. Et à chaque baiser, Luisa exprime son adoration à ce Dieu bienveillant qui veut ainsi souffrir pour nous, que nous offensons par de mauvaises pensées, contre nos frères et contre Lui. Si seulement tous savaient qui ils offensent, ils ne L’offenseraient pas ; c’est pourquoi Luisa demande que chaque goutte de Sang soit une lumière qui illumine tous les esprits et fasse disparaître toute mauvaise pensée.

 

Et tandis que je te serre contre moi et que tu t’appuies sur moi, je te regarde, ô Jésus, et je vois que tu regardes la croix que tes ennemis te préparent, tu entends les coups qu’ils donnent à la croix pour y faire les trous où ils te cloueront ; j’entends, ô mon Jésus, ton cœur battre fort et presque frémir, il désire ardemment que tu t’étendes sur ce lit de douleur, où avec une douleur indescriptible, Tu scelleras en Toi le salut de nos âmes. Et je T’entends dire :
Pendant quelques minutes, toute l’action violente de la Passion s’arrête. Jésus, comme en prison, a un peu de repos. Sa Tête, endolorie et ensanglantée repose sur les épaules de Sa bien-aimée Luisa. Tous ceux qu’Il aime d’une manière particulière L’entourent et L’adorent en silence. La Croix, tant désirée, L’attend. Jésus prend le temps nécessaire pour se réjouir et se reposer de Son Œuvre, pour faire le point intérieurement et porter en Lui toute la réconciliation déjà accomplie dans Sa Divinité. En même temps, Il reprend des forces pour le combat final avec la Croix.

 

« Mon amour, croix bien-aimée, mon lit précieux, Tu as été mon martyre dans la vie et maintenant Tu es mon repos ; ô Croix, accueille-moi vite dans tes bras, je suis impatient à force d’attendre, sainte Croix, en toi je viendrai tout accomplir !
À la dix-huitième heure, Jésus a déjà exprimé des sentiments similaires à ceux exposés ici concernant la Croix, mais maintenant, ces sentiments s’expriment comme un aboutissement et non comme une anticipation. Dès l’instant même où Sa Vie a commencé sur terre, Sa Vie a été intimement unie à cette Croix de bois sur laquelle Ses Souffrances vont s’achever. Sa Vie de travaux, de réparations et de lutte a pris l’équivalence d’un martyre sur cette Croix, et c’est par elle que, finalement, Il va mettre Son Humanité à l’égal de Sa Divinité : Il va trouver Son Repos, l’équilibre de tout Son Être. Jésus exprime son impatience : il brûle d’aller jusqu’au bout, car la Croix est le lieu où, clouée, son Humanité atteint sa plénitude d’expression ; dépouillée de toute défense, elle s’unit au plus haut point à sa Divinité. C’est sur cette Croix que s’achève l’Œuvre de la Rédemption, Œuvre décrétée au Consistoire de la Très Sainte Trinité.

 

De grâce ô croix, exauce mes désirs ardents qui me consument pour donner la vie aux âmes, et ces vies seront scellées par toi, ô croix !
Jésus aspire à cette rencontre finale et sensible. Jusqu’à présent, sa vie de souffrance a déjà été une vie livrée et comme crucifiée ; mais ce n’était qu’une croix anticipée, non encore réelle, car seule la croix de bois, dans sa réalité, peut sceller pleinement ce qui, jusque-là, n’était qu’anticipation. Toute sa vie, Jésus a voulu, avant tout, redonner vie aux âmes qui étaient mortes, les ramener à leur destin originel, et pour cela, il doit rester cloué sur la Croix et sceller ainsi, dans cette union très étroite du corps contre le bois, cette nouvelle vie qu’il veut nous donner. Le concept de sceller est toujours présent dans la bouche de Jésus. Ce concept de finalité qu’implique le mot « sceller » est important, non pas parce qu’il implique la fin de la souffrance d’une étape, mais parce qu’il implique que plus rien ne peut changer ce qu’il a accompli, que cela est désormais accompli, pour toujours et toujours « en acte » de s’accomplir. « Tout est accompli » (Jn 19, 30).

 

Ô croix, ne tarde plus, j’attends avec impatience de m’étendre sur toi pour ouvrir le Ciel à tous mes enfants et leur fermer l’enfer !
 En Jésus, tout est logique. Il ne servirait à rien de nous ouvrir le Ciel et en même temps, de fermer l’enfer, s’Il ne nous avait pas d’abord donné une nouvelle vie, grâce à laquelle nous pourrions vivre dans ce Ciel qu’Il nous a ouvert. C’est là la deuxième des conquêtes importantes que Ses Mérites remportent pour nous, conquêtes qui ne peuvent être « actualisées » que s’Il reste cloué sur la Croix.

 

Ô croix, il est vrai que tu es ma bataille, mais tu es aussi ma victoire et mon triomphe complet. En toi, je donnerai d’abondants héritages, des victoires, des triomphes et des couronnes à mes enfants. »
Jésus mentionne une fois de plus la dualité d’une vie de croix qui s’actualise désormais sur la croix de bois : elle a été le champ de bataille où Il a mené, acte après acte, une bataille difficile et pénible, dans laquelle tout péché, toute offense, toute imperfection, devait être « transformé » pour devenir louange, perfection et gloire au Père céleste. Ce n’est qu’ainsi, dans ce processus de transformation voulu et accompli par Dieu seul à travers une créature, que s’accomplit la réconciliation de l’homme avec lui-même, de Jésus homme avec le Verbe éternel. Lorsque les généraux romains revenaient d’une campagne victorieuse contre un ennemi puissant, ils attendaient que le Sénat leur accorde leur « triomphe », qui consistait en une entrée triomphale dans la ville de Rome, avec toute l’armée, le butin et les esclaves conquis faisant partie du cortège triomphal devant le Sénat et tout le peuple en liesse. Tant que le Sénat n’accordait pas le « triomphe », la campagne n’avait pas été aussi victorieuse qu’elle aurait pu l’être ; en effet, pour ce général, une victoire sans « triomphe » n’était pas une victoire, mais seulement une bataille. Il en va de même pour Jésus aujourd’hui. Jésus veut obtenir pour nous que la Divinité Lui accorde, en Sa Personne, Son « triomphe », c’est-à-dire d’abondants héritages, des victoires, des triomphes partagés et des couronnes pour Ses Frères et Ses Enfants.

 

Mais qui peut dire tout ce que mon doux Jésus dit à la croix ?
Comme nous aimerions tous connaître ce que Jésus portait dans son Cœur et qu’Il désirait dire à cette Croix tant aimée.
Cela fait partie de ce qu’Il nous révélera au Ciel, lorsque tous les secrets qu’Il garde encore en Lui-même seront dévoilés, pour notre émerveillement et pour enflammer davantage, dans la cour céleste, notre amour pour Lui. Mais tandis que Jésus s’abandonne à la Croix, ses ennemis Lui ordonnent de s’y étendre, et Il obéit aussitôt à leur volonté, afin de réparer toutes nos désobéissances. Les dernières minutes de repos s’achèvent, elles ne reviendront plus. La violence de la Croix approche : c’est l’étape finale, celle des accomplissements et des triomphes. Mais ce n’est plus une conquête à proprement parler, car Il a déjà réconcilié l’homme avec Lui-même. Ce qui reste à accomplir désormais, c’est la réconciliation de l’homme avec son Père céleste et avec l’Esprit Saint, les autres Personnes de la Sainte Trinité. C’est pourquoi Jésus obéit sans délai à l’appel du Père qui, à travers ces soldats pervers, L’invite à s’étendre sur la Croix et à mener à son terme l’œuvre qu’Il a commencée.
Mon amour, avant que tu ne t’étendes sur la croix, permets-moi de te serrer plus fort contre mon cœur, de te donner, et que Tu me donnes, un baiser ;
Luisa ne manque jamais une occasion de donner à Jésus des marques tangibles d’amour et de dévotion, de consolation et de réparation, car elle sait qu’ainsi elle soulage Jésus de souffrances inévitables et nécessaires, mais malgré tout Il n’a pas moins besoin d’aide et de compassion. Il y a une grande différence entre la douleur partagée et la douleur solitaire, et Luisa, tout au long de la Passion, accompagne Jésus de ses caresses et de ses baisers.

 

Écoute, ô Jésus, je ne veux pas te quitter, je veux rester avec toi et m’étendre moi aussi sur la croix et rester clouée à tes côtés. Le véritable amour ne supporte aucune forme de séparation. Tu pardonneras l’audace de mon amour et tu m’accorderas de rester crucifiée avec toi.
C’est l’une des demandes les plus extraordinaires de Luisa dans ces Heures de la Passion, demande que Jésus va lui accorder dans les paragraphes suivants. Nous devons comprendre que la participation fréquente aux souffrances de la crucifixion que Luisa endure en sa personne, en tant qu’âme victime, pendant de nombreuses années de sa jeunesse et de son âge adulte, est « liée » à cette demande ultérieure. En d’autres termes, nous pouvons dire que Jésus, anticipant cette demande de sa part des années plus tard l’avait fait participer à la crucifixion des années auparavant. Ce qui est vraiment important dans cette demande, ce n’est pas qu’elle veuille souffrir avec Lui, ou réparer avec Lui, ou participer avec Lui à Ses accomplissements ; ce que Luisa veut, c’est ne pas être séparée de Lui, c’est la plus grande des manifestations d’amour qu’une créature puisse Lui offrir, et c’est pourquoi Il la lui accorde. Gardons toujours cela à l’esprit. Jésus accorde tant de valeur à ce sentiment de vouloir être avec Lui qu’Il dit à Luisa dans l’un des chapitres que ce sentiment compense tout purgatoire que la créature mérite, et qu’il est une garantie de salut.

 

Écoute, mon tendre amour, ce n’est pas moi seule qui te le demande, mais aussi la Maman affligée, l’inséparable Madeleine, le bien-aimé Jean; tous te disent qu’il leur serait plus supportable de rester crucifiés avec toi, plutôt que de te voir crucifié seul !
Luisa veut renforcer sa demande, qu’elle sait audacieuse, en y associant la Très Sainte Mère, l’inséparable Madeleine et le bien-aimé Jean. Il ne fait aucun doute que Luisa exprime le sentiment de tous. Bien que personne ne puisse souffrir à la place de Jésus, et que tout le monde le comprenne, tous aimeraient pouvoir l’accompagner, car ainsi ils troqueraient une souffrance insupportable, celle de le voir souffrir, contre une plus supportable, celle de partager Ses Souffrances.

 

C’est pourquoi, avec toi, je m’offre au Père Éternel, fusionnée dans ta Volonté, avec ton amour, avec tes réparations, avec ton cœur même et avec toutes tes peines.
Luisa poursuit en renforçant sa demande, et exprime que, si Jésus lui accorde ce qu’elle demande, elle pourrait, unie à Lui dans la même crucifixion, s’offrir tout comme Jésus au Père Éternel, fusionnée dans Sa Volonté, afin que tout le processus de la Passion soit plus fort, plus réparateur, plus rédempteur qu’il ne l’est déjà. Peu importe que personne ne puisse, en réalité, surpasser ce que Jésus fait déjà, car la Très Sainte Trinité ne considère jamais comme vaines nos intentions de participer avec Jésus à Sa Passion. Tout retombe à notre profit.

 

Ah, il semble que mon Jésus souffrant me dise : « Ma fille, tu as deviné mon amour, telle est ma Volonté, que tous ceux qui m’aiment soient crucifiés avec moi. Ah oui, viens aussi t’étendre avec moi sur la croix ; je te donnerai la vie de ma Vie et je te tiendrai comme la préférée de mon cœur. »
Comme le temps n’a aucune importance pour Notre Seigneur, cette affirmation selon laquelle telle est Sa Volonté signifie que dès le premier instant où Il a « pensé » à notre création, et à la possibilité de devoir nous racheter pour le mauvais usage de notre libre arbitre, Il a également décidé que tous ceux qui L’aiment, ou plutôt, tous ceux qui pressentent Son Amour, c’est-à-dire Ses Intentions, soient crucifiés avec Lui. Cela implique beaucoup de choses à la fois. Cela implique une participation à Sa Croix, sur la base des propres inconvénients, maladies, souffrances morales et spirituelles dont nos vies sont remplies. Cela implique, dans le cas de Luisa, et de certaines âmes qui pressentent davantage Son Amour que d’autres, qu’Il leur accorde une participation réelle à Sa Crucifixion. Quelle que soit l’implication qui concerne chacun, ce qui est certain, c’est qu’Il a décidé que tous ceux qui pressentent Son Amour participent à Sa Crucifixion. Il invite Luisa et tous ceux qui pressentent Son Amour « à s’étendre avec Lui sur la Croix ». Peu importe que nous souffrions ou non les peines de la Crucifixion au moment où nous le demandons ; l’important est que, si nous percevons Son Amour, Il nous l’accorde, car dans cet acte de nous étendre avec Lui sur la Croix, Il nous fait participer à Sa Vie, et Il nous aura comme les préférés de Son Cœur, comme Il le promet à Luisa. Jésus veut, et nous fait participer à Sa Vie, d’une manière qui dépasse même celle qu’Il nous accorde dans le Don extraordinaire de vivre dans Sa Volonté. Les mystères de Son Amour sont totalement insondables, mais nous pouvons pressentir qu’il y a quelque chose de très extraordinaire dans cette affirmation de Sa part. Nous avons la Vie de Sa Volonté, la Vie sacramentelle et la Vie du crucifiée ; nous pouvons participer à toutes ces Vies qui sont Siennes si nous respectons les conditions dans lesquelles Il veut nous les accorder.

 

Et voici, mon doux bien-aimé, que tu t’étends sur la croix, tu regardes les bourreaux qui tiennent dans leurs mains des clous et un marteau pour te clouer, avec tant d’amour et de douceur, que tu leur adresses une douce invitation à te crucifier sans tarder.
La perception de Luisa est extraordinaire, en particulier par ses paroles, selon lesquelles Jésus, en les regardant, leur adresse une douce invitation à le crucifier rapidement, sans perdre plus de temps. Ils ne pourraient rien faire si Jésus non seulement ne le permettait pas, mais les invitait à le faire. Nous ne pouvons rien faire de bien si l’invitation, la suggestion aimante de le faire, ne vient pas de Lui.
 
Et eux, bien qu’ils éprouvent du dégoût, avec une férocité inhumaine, te saisissent la main droite, y enfoncent le clou, et à coups de marteau, ils le font ressortir de l’autre côté de la croix ; mais la douleur que tu souffres est telle, ô mon Jésus, que tu frémis, la lumière de tes beaux yeux s’éteint, ton visage très saint pâlit et devient livide.
Luisa commence à décrire l’aspect physique de la Passion, que nous négligeons si souvent dans nos réflexions, tant il nous est pénible et douloureux de l’évoquer. Nous parlons de la Crucifixion, mais nous en taisons les détails ; il n’en était pas ainsi aux temps anciens de notre foi, où l’on mettait en avant, avec une profonde révérence, les « instruments de la Passion », dans la pleine conscience que c’est par eux que s’accomplissait notre Rédemption. Jésus ne veut pas que dans ce récit qui est le Sien (Luisa n’est que la scribe), nous ignorions chacune des actions physiques extrêmement douloureuses par lesquelles s’accomplissait Sa Rédemption. S’Il veut que nous fassions nôtre Sa Vie, cette partie essentielle de Sa Vie, la douloureuse Crucifixion, doit également être embrassée, avec tout notre amour et toute notre attention. Il ne s’agit pas, dans cette « étreinte », d’éprouver la même douleur qu’Il éprouvait ; cela, Il l’a réservé à certaines âmes qu’Il aime davantage, parce qu’elles Lui correspondent davantage ; il s’agit d’être attentifs, de percevoir, de ressentir un peu ou beaucoup Sa Douleur, et ce que cette Douleur accomplissait pour nous.
« Par Ta douloureuse Passion, prends pitié de nous et du monde entier ». Notre Sainte Mère l’Église utilise de préférence le verbe méditer pour décrire comment notre intelligence doit agir lors de la lecture de la Passion. Ce verbe est utilisé correctement et avec beaucoup de soin, mais nous pensons qu’il est également très important de ressentir la sensation physique que peut nous procurer la lecture de ces passages du Livre. Cela ne doit pas nous effrayer : Jésus veut cette sensation en nous. C’est pourquoi Il a permis, au milieu d’une grande opposition, que l’acteur et réalisateur Mel Gibson accomplisse la difficile tâche de montrer Sa Passion dans son film, où sont mis en avant ces aspects extrêmement douloureux et sanglants de la Passion. Si dans Son Sang se trouve le « remède à tous nos maux », Son Sang doit être vénéré, par la contemplation et l’acceptation de ce Sang, versé pour nous.

 

 Main droite bénie, je t’embrasse, je compatis avec toi, je t’adore et je te remercie pour moi et pour tous. Et pour chaque coup que tu as reçu, je te demande en ce moment de libérer autant d’âmes de la condamnation de l’enfer ; pour chaque goutte de sang que tu as versée, je t’implore de laver autant d’âmes dans ce sang précieux ; et pour la douleur atroce que tu as endurée, surtout lorsqu’on t’a cloué à la croix, de manière à te déchirer les nerfs des bras, je te supplie d’ouvrir le Ciel à tous et de bénir tout le monde, et que ta bénédiction puisse appeler à la conversion les pécheurs, et à la lumière de la foi les hérétiques et les infidèles.
Luisa évoque les coups reçus lors de la fixation de la main droite, le sang versé à l’entrée du clou, la douleur atroce que cela Lui causait, le déchirement des nerfs du bras. Elle s’unit ensuite à Jésus dans les réparations spécifiques pour ces souffrances. Tout d’abord, Luisa offre son baiser, sa compassion, son adoration et sa gratitude. Ensuite, elle demande à Jésus :
1) de libérer autant d’âmes de l’enfer, pour chaque coup reçu,
2) de laver chaque âme avec chacune des gouttes de sang versées,
3) d’ouvrir le Ciel et de bénir tout le monde, pour appeler les pécheurs à la conversion, et d’apporter la lumière aux hérétiques et aux infidèles, par la douleur du déchirement des nerfs du bras droit.  Peut-être certains lecteurs pourraient-ils penser, et ce n’est pas illogique de le penser, que peu d’âmes seraient sauvées car le nombre de coups était fini, la quantité de sang que Notre Seigneur a pu verser est finie, et la douleur reçue par le clou dans la main droite est finie. Cependant, deux facteurs rendent infini, dans son application, ce qui est fini dans sa réalité. Premièrement, toute la vie de Jésus s’inscrit dans le cadre de la Divine Volonté. Il dit bien, dans l’un des chapitres, que si Sa Rédemption n’avait été accomplie que par Jésus, aussi parfait fût-il, Sa Rédemption n’aurait pas englobé tout le monde ; c’est précisément parce que Sa Vie se déroule dans le domaine Divin que Sa Rédemption englobe tout le monde, s’applique à tous, et que cette Rédemption s’accomplit à travers les coups, le sang et la douleur. Deuxièmement, les actes de la Passion, parce qu’ils sont accomplis dans le domaine Divin, sont toujours en train de s’accomplir ; c’est pourquoi, à chaque instant, depuis plus de deux mille ans, les coups continuent, le sang continue d’être versé, et la douleur continue sans cesse, car ces actes originels sont toujours « en direct » et aident toujours les créatures.

 

Ô Jésus, ma douce Vie, après avoir fini de clouer ta main droite, tes ennemis, avec une cruauté inouïe, s’emparent de ta main gauche ; ils la tirent si fort pour la faire entrer dans le trou que tu sens les articulations de tes bras et de tes épaules se déboîter, et sous l’effet de la douleur, tes jambes se contractent et sont prises de mouvements convulsifs.
 Cette révélation de Luisa, témoin de la Passion, sur la façon dont les articulations des bras et des épaules ont été disloquées lorsque la main gauche a été cloué sur la croix est inconnue de tous. Nous pensons que Jésus lui fait voir et raconter ces détails de la crucifixion pour renforcer l’authenticité de son récit. Seule une personne ayant vu ces scènes peut connaître ces détails typiques de la crucifixion romaine, et savoir comment la croix était « préparée » pour que les mains et les pieds soient cloués dans des trous déjà percés avec les mêmes clous, et ainsi que les coups de marteau n’aient eu à traverser que la chair et non la chair et le bois, ce qui aurait été inconcevablement cruel et inefficace, même pour les Romains, qui ne faisaient pas dans la demi-mesure en matière de cruauté. De plus, la douleur immédiate de la crucifixion des mains et des pieds a un caractère immédiat, et même, dans une certaine mesure, passager, mais la douleur de la luxation des articulations a un caractère permanent, au moins pendant les trois heures d’agonie sur la Croix.

 

Main gauche de mon Jésus, je t’embrasse, je compatis, je t’adore et je te remercie ; je t’implore pour tous les coups et toutes les douleurs que tu as endurés quand on t’a enfoncé le clou, de m’accorder en ce moment tant d’âmes pour les faire s’envoler du Purgatoire vers le Ciel ; et par le sang que tu as versé, je te prie d’éteindre les flammes qui brûlent ces âmes, et qu’il serve à toutes de rafraîchissement et de bain salutaire pour les purifier de toutes les taches, afin de les disposer à la vision béatifique.
 Luisa parle maintenant des douleurs que Jésus a souffertes lors de la crucifixion de la main gauche et réserve ses réparations au profit des âmes du purgatoire.  Comme à son habitude, Luisa commence par compatir, adorer et remercier Notre Seigneur pour les coups et les douleurs endurés, et en vertu de ces douleurs et de ces coups, elle lui demande d’accorder à de nombreuses âmes de s’envoler du Purgatoire, qui se trouve dans Son Humanité, vers le Ciel, qui se trouve également dans Son Humanité. Elle demande ensuite qu’Il lui permette d’utiliser Son Sang versé pour éteindre les flammes qui restent pour les âmes qui doivent encore demeurer au Purgatoire ; afin qu’il leur serve de soulagement et de rafraîchissement dans la soif qui les consume, et qu’il les baigne dans un bain purificateur qui efface toutes les taches et les prépare à entrer dans le Ciel de Son Humanité.

 

Mon Amour et mon Tout, par la douleur aiguë que tu as endurée lorsque le clou a été enfoncé dans ta main gauche, je t’implore de fermer l’enfer à toutes les âmes, et d’arrêter les rayons de la Divine Justice, malheureusement irritée par nos fautes. Ah Jésus, fais que ce clou dans ta main gauche bénie soit la clé qui ferme la Divine Justice, afin que les fléaux ne pleuvent pas sur la terre, et ouvre les trésors de la Divine Miséricorde en faveur de tous ; c’est pourquoi je te prie de nous serrer dans tes bras.
Luisa ne cesse pas ses réparations, et elle veut englober dans cette Main Gauche ces âmes qui sont sur le point de se perdre, afin qu’elle leur ferme l’entrée de l’enfer. Elle demande aussi que ces douleurs souffertes dans la main gauche désarment la Divine Justice, si irritée par nos fautes. Elle établit un lien direct avec la crucifixion qui s’apprête à déverser de terribles fléaux sur les créatures, et facilite l’œuvre de la Divine Miséricorde en faveur de tous. Si Jésus serre Luisa dans Ses bras, Luisa sait que le Seigneur retiendra les fléaux de Sa Justice sur la terre.

 

Tu es désormais incapable de tout, et nous sommes libres de tout faire pour toi ; c’est pourquoi je remets entre tes bras le monde et toutes les générations, et je t’en supplie, mon amour, par ton sang versé, ne refuse le pardon à personne, et par les mérites de ton très précieux sang, je te demande le salut et la grâce pour tous, n’en exclue personne, ô mon Jésus.
Dans un chapitre, celui du 25 juillet 1924, volume 17, Jésus communique à Luisa que le dernier acte de Sa Vie fut de s’étendre sur la Croix et de se laisser crucifier, et qu’à partir de ce moment, Il ne pouvait plus bouger, ni s’opposer à quoi que ce soit de ce qu’on voulait Lui faire.. Il dit textuellement : « Le dernier acte de ma Vie fut de m’étendre sur la croix et d’y rester jusqu’à ce que je meure, les bras ouverts, sans pouvoir bouger ni m’opposer à ce qu’ils voulaient me faire. J’étais le véritable portrait, l’image vivante de celui qui vit non pas selon la volonté humaine, mais selon la volonté divine. Cette incapacité à bouger, à m’opposer, cette perte de tout droit sur Moi-même, la tension horrible de mes bras, que de choses elles exprimaient ! Et tandis que Je perdais mes droits, les autres recevaient ma Vie. » Telle est la pensée que Luisa introduit si justement dans ce petit paragraphe. Le plus important pour nous est que, lorsque Jésus a perdu Ses droits, nous avons, nous autres, acquis le droit d’acquérir Sa Vie même ; c’est pourquoi Luisa demande, en vertu de Son Sang même, que toutes les générations humaines obtiennent Son Pardon et parviennent au Salut.

 

Mon amour, Jésus, tes ennemis ne sont pas encore satisfaits ; avec une férocité diabolique, ils s’emparent de tes pieds très saints, toujours infatigables dans la recherche des âmes, et, contractés comme ils l’étaient par la force de la douleur des mains, ils les tirent si fort que les genoux, les côtes et tous les os de la poitrine se déboîtent.
 Luisa poursuit ses observations, très cohérentes avec les souffrances physiques de Jésus, mais que nous ne connaissions pas, et c’est l’une des plus importantes de toutes car elles sont en accord avec cette forme particulière de torture qu’était la crucifixion. En effet, face à la douleur provoquée par le clouage des mains au bois de la Croix, Jésus a pris une posture fœtale, ce qui est presque inévitable lorsqu’une douleur si extrême est sur le point de nous faire perdre connaissance. Dans cette posture, nous ramenons les jambes vers la poitrine, en attendant que la douleur passe. Dans le cas de Jésus, bien sûr, ce « répit » dans la douleur n’allait pas se produire ; tout au plus a-t-il duré quelques secondes, le temps que les bourreaux « reprennent leur souffle » pour la deuxième partie du processus : la crucifixion des pieds. Luisa raconte que les bourreaux romains ont saisi Ses pieds très saints et les ont tirés avec une férocité diabolique pour les faire entrer dans les trous qu’ils avaient préparés et ainsi, en épargnant une douleur, ils en infligeaient une autre encore plus atroce : ils ont disloqué toutes les articulations de Jésus pour atteindre le but recherché, à savoir que la crucifixion des pieds de Jésus soit moins douloureuse, mais il est clair que dans ce processus d’étirement, une fois de plus, ils infligent à Jésus des douleurs telles qu’elles le tuent, avec un arrêt cardiaque inévitable, et la Divinité le ressuscite pour poursuivre cette Passion si douloureuse.

 

Mon cœur ne le supporte pas, ô mon bien-aimé, je te vois sous l’effet de la douleur tes beaux yeux éclipsés et voilés par le sang se contracter, tes lèvres livides et gonflées par les coups se tordre, tes joues s’enfoncer, tes dents se serrer, ta poitrine haletante. Mon amour, avec quelle envie je prendrais ta place pour t’épargner tant de douleur ! Je veux m’étendre sur tous tes membres pour t’apporter en tout un soulagement, un baiser, une consolation, une réparation pour tous.
Luisa conclut ses observations de ces brèves minutes, en observant la réaction de Jésus face à l’étirement de Ses jambes. Elle raconte en détail les derniers soubresauts du mourant, et la paralysie du cœur qui s’ensuit, incapable de supporter la douleur endurée. Comme à son habitude lorsqu’elle est confrontée à ces scènes que Jésus veut qu’elle observe, afin que nous n’oublions plus jamais ces détails de Sa Passion, Luisa aimerait pouvoir les subir pour Lui afin de Le soulager, et Lui donner un baiser et une réparation pour chacune de Ses Douleurs, et prendre la place de Jésus, pour Lui apporter soulagement et amour réparateur.

 

Mon Jésus, je vois qu’ils posent un pied sur l’autre et avec un clou sans pointe, ils clouent Tes pieds très saints,
Un autre détail inconnu, que Notre Seigneur veut nous faire connaître afin que nous nous associions en quelque sorte, en tant qu’enfants renaissant dans Sa Volonté, à ces douleurs tout à fait particulières de Sa Passion. Luisa réaffirme, et c’est peut-être le moment de clarifier cela, que Jésus a été crucifié avec des clous qui ont transpercé Ses mains, et non Ses poignets, comme l’affirment de nombreuses confessions de frères séparés. De même, Luisa observe ici que les pieds de Jésus ont également été crucifiés, un pied sur l’autre, et qu’un clou émoussé a été utilisé pour les clouer. La signification de ce clou émoussé ne nous apparaît pas clairement. Nous émettons l’hypothèse que cela n’a de sens que si l’on imagine une barre de fer, effilée à l’une de ses extrémités, car les clous  « normaux » n’ont pas la longueur nécessaire pour traverser la masse de deux pieds superposés ; et, poursuivons notre hypothèse, car cela offre une plus grande surface d’appui afin que les pieds ne se déchirent pas aussi rapidement sous le poids du corps. Luisa n’en fait pas mention, nous supposons donc qu’il y avait une sorte de support en bois pour maintenir les pieds en place, car cette « version » des faits est également devenue populaire, en particulier parmi les peintres de la Crucifixion. Le « clou » qui a transpercé les pieds de Jésus devait être particulièrement gros pour offrir le soutien nécessaire.

 

 Ô mon Jésus, permets-moi, tandis que le clou te transperce, de placer sur ton pied droit tous les prêtres, afin qu’ils soient une lumière pour les peuples, en particulier pour ceux qui ne mènent pas une vie bonne et sainte ; et sur le pied gauche tous les peuples, afin qu’ils reçoivent la lumière des prêtres, les respectent et leur obéissent ; et de même que le clou transperce tes pieds, qu’il transperce aussi les prêtres et les peuples, afin que les uns et les autres ne puissent se séparer de Toi.
C’est une très belle image de Luisa qui peut nous échapper. Luisa exprime qu’elle voudrait placer sur le pied droit de Notre Seigneur tous les prêtres, afin qu’ils éclairent les peuples en proclamant la Parole de Dieu et administrant Ses sacrements, et sur l’autre Pied, elle veut placer tous les peuples, afin que recevant cette Lumière qui est la Sienne, les peuples respectent Ses Ministres et leur obéissent dans la mesure où ils parlent en Son Nom. L’image est belle, car lors de la Crucifixion, les pieds de Jésus ne peuvent être plus unis qu’ils ne le sont, traversés par une barre de fer qui, telle une « colonne vertébrale », les soutient tous deux, c’est le soutien mutuel des fidèles et des ministres pour supporter le poids du Corps de Jésus. Une seule chose, unis par la « colonne vertébrale » du Corps de Jésus, et par le Saint-Esprit Lui-même, qui les guide tous vers le salut.

 

Pieds bénis de Jésus, je vous embrasse, j’ai compassion de vous, je vous adore et je vous remercie ; et je vous en supplie, ô Jésus, en raison des Douleurs extrêmes que vous souffrez et du Sang que vous versez, de renfermer toutes les âmes dans vos Plaies infiniment saintes.
Une fois encore, après avoir fait cette remarque, Luisa en profite pour compatir, adorer et remercier Jésus pour ces pieds bénis qui se sont tant fatigués au cours de Sa vie, à la poursuite des pécheurs, des brebis égarées, et qui ont maintenant accompli le sacrifice suprême d’être crucifiés de manière si horrible. Immédiatement après, Luisa intercède pour tous et demande à Jésus d’enfermer chacun dans ces horribles plaies.

 

Ô Jésus, que tes clous crucifient nos pouvoirs afin qu’ils ne s’éloignent pas de Toi ; qu’ils clouent notre cœur afin qu’il se fixe toujours sur le Tien ; que tous nos sentiments soient cloués par tes clous afin qu’ils ne trouvent aucun plaisir qui ne vienne pas de Toi.
Luisa conclut par cette étape très importante de la crucifixion où Jésus a décidé de renoncer à tous les droits qui lui restaient, afin que nous puissions gagner tous les droits du Ciel. Elle demande à Jésus que : 1) que toutes nos facultés soient crucifiées par Ses propres clous, car mal utilisées, elles nous mènent au péché et nous séparent de Lui. C’est pourquoi Luisa veut que notre intelligence soit clouée à Ses Enseignements, que notre mémoire ne se souvienne que de ce qui Lui appartient, et qu’ainsi elle soit clouée avec Lui, et, enfin, que notre volonté n’accomplisse rien que notre libre arbitre, suivant Ses Suggestions Amoureuses, n’ait choisi, en toute liberté, de faire. 2) Que notre cœur n’ait d’autre but ni d’autre désir que d’être fixé sur Lui, et sur Lui seul, en excluant toute autre affection sentimentale ou matérielle. 3) Que nous n’ayons d’autre goût que ceux qui viennent de Lui. Il ne suffit pas de désirer que notre cœur et nos facultés soient fixés sur Lui ; Luisa Lui demande aussi, avec justesse, que nous ne trouvions de goût en rien qui ne vienne de Lui. Ainsi, notre union avec Lui, scellée par les clous de la crucifixion, devient plus profonde et plus durable.

 

Ô mon Jésus crucifié, je te vois tout ensanglanté, baignant dans un bain de sang, et ces gouttes de sang réclament des âmes ! Plus encore, dans chacune de ces gouttes je vois bouger les âmes de tous les siècles. Par la puissance de ce sang, je te demande qu’aucune ne s’éloigne de Toi.
Une autre Révélation incompréhensible pour notre esprit, à laquelle Luisa nous avait déjà partiellement fait participer, lors de la Troisième Heure d’Agonie au Jardin, quand Il distribue Son Sang à toutes les créatures afin qu’elle puisse recevoir les Bienfaits qui découlent de Son Sang versé. La Révélation, désormais plus complète, est qu’il lui est permis de voir comment toutes les âmes sont contenues dans Son Sang. Au sein des mystères de Son Sang, il existe de nombreuses connaissances cachées que nous ne parviendrons jamais à comprendre de notre vivant ; cependant, il y en a d’autres que nous pouvons comprendre un peu, en nous appuyant toujours pour cela sur les connaissances que nous acquérons à la lecture des Écrits ; et cette connaissance est la suivante : le fait que Son Sang ait été versé, au point que Jésus n’en a pas conservé pour Lui-même, pas même une goutte, et que Sa Mort Le trouve totalement vidé de Son sang, à l’exception de quelques gouttes qu’Il avait réservées pour le miracle de Longin lorsqu’il Le transperça de sa lance, et de cet acte naît l’Église universelle ; ce déversement de sang, répétons-le, n’implique pas que Son Sang se soit perdu ou altéré au fil des siècles, comme cela arriverait à tout autre être humain dans des circonstances similaires. Bien sûr que non. Le Sang de Jésus est, comme tout ce qui concerne Jésus, en train d’être versé et conservé pour toujours. Il aura versé Son Sang, mais pas une seule goutte de Son Sang n’a été perdue, détruite ou s’est évaporée au fil du temps. Bien au contraire, il continue d’accomplir Son Œuvre bienfaisante, inconcevable pour nos esprits. Plus encore, nous pourrions affirmer que chaque goutte de Son Sang, où qu’elle soit tombée, demeure à l’endroit où elle est tombée, et de là, continue d’exercer dans nos vies la même œuvre bienfaisante pour laquelle elle a été versée. La preuve en est le Sang versé sur le chemin de Jérusalem, au passage du torrent de Cédron ; et aussi lorsque Notre Mère demande aux Anges de garder les lieux de la Via Dolorosa où Son Sang s’est répandu. Cette garde angélique se poursuit aujourd’hui, et se poursuivra jusqu’à la fin des temps. Quand Jésus dit : « Dans mon Sang, vous trouverez le remède à tous vos maux », il ne parle pas d’un Sang symbolique, qu’il a versé une fois et qui s’est perdu, comme tout se perd avec le temps, mais il parle au présent, pour nous indiquer que son Sang continue de faire pour nous ce qu’il a déjà fait pour nous il y a deux mille ans.

 

Ô mon Jésus, jusqu’à ce que les bourreaux aient fini de te clouer les pieds, je m’approche de ton cœur, je vois que tu n’en peux plus, mais l’amour crie plus fort : « Encore plus de souffrances ! » Mon Jésus, je t’embrasse, je t’embrasse, je compatis, je t’adore, je te remercie pour moi et pour tous.
Maintenant que la Crucifixion, prévue depuis toujours, mais en tant qu’acte dans le temps, s’achève en ces instants, Luisa s’approche de Son Cœur physique, pour écouter Ses battements, découvrir comment Il va ; ce qui se passe à l’intérieur de la Personne de Jésus, et elle découvre que Jésus n’en peut plus, que l’Humanité est épuisée et prête à succomber aux douleurs extraordinaires de la Crucifixion des Pieds, mais l’Amour, qui tant de fois Lui a rendu la Vie et les Forces, Le pousse à crier plus fort, en Son for intérieur, qu’Il veut encore plus de souffrances, pour assurer davantage et mieux Son Œuvre rédemptrice ; et, bien sûr, cela Lui est accordé, car des souffrances encore plus nombreuses et plus profondes L’attendent. Bien qu’elle comprenne que cela doit être ainsi, Luisa ne peut s’empêcher de compatir à Jésus dans son sentiment extrême, et elle L’embrasse, L’embrasse, compatit, L’adore, et Lui rend grâce pour elle et pour tous. 

 

Jésus, je veux poser ma tête sur ton cœur pour ressentir ce que tu souffres dans cette douloureuse crucifixion. Ah, je sens que chaque coup de marteau résonne dans ton cœur ; ce cœur est le centre de tout, et c’est de lui que naissent les douleurs et c’est en lui qu’elles s’achèvent.
C’est une réalité si difficile à comprendre, mais qui doit être analysée, et d’une certaine manière expliquée. L’humanité de Jésus souffre physiquement les douleurs qui Lui sont infligées physiquement. En ce sens, le système nerveux de Jésus, en tant qu’homme qu’il est, transmet au cerveau ces sensations de douleur, et Jésus éprouve la douleur correspondante. Si la douleur est trop intense, insupportable, le cerveau refuse de recevoir davantage de sensations douloureuses provenant des nerfs « satellites », et s’éteint, comme une machine dont on aurait coupé l’alimentation. Et c’est là que s’achève la description de la douleur humaine qui, par la compassion particulière de Dieu, est une sensation que nous ne pouvons pas mémoriser ; nous pouvons nous en souvenir, mais pas la recréer. Cependant, avec Jésus c’est différent. La douleur qu’il endure ne trouve pas son origine dans le clou, ni dans le fouet, ni dans le coup, dans le monde extérieur à Lui, mais cette douleur a été conçue par la Personne de Jésus, pour Son Œuvre rédemptrice, et dans cette Personne est incluse, par union hypostatique, la Deuxième Personne de la Très Sainte Trinité. La douleur, donc, résonne, produit son effet, non seulement dans l’Humanité de Jésus, mais aussi dans le Cœur, c’est-à-dire dans la Personne totale de Jésus, car seul l’Amour est capable d’atteindre et de faire souffrir la Personne de Jésus. C’est pourquoi, Luisa dit à juste titre, que c’est dans Son Cœur que les douleurs commencent et que c’est dans ce même Cœur qu’elles finissent. Ces Douleurs qui, chez les êtres humains, se « perdent » pour devenir des souvenirs, en Jésus, ces Douleurs demeurent toujours, enfermées dans Son Cœur pour poursuivre Son Œuvre rédemptrice jusqu’à la fin des temps.

 

Ah! S’il n’avait pas déjà été décrété qu’une lance te transpercera le Cœur, les flammes de ton Amour se frayeraient un chemin et le feraient éclater !
Bien que ce moment suprême où l’Église va « naître » ne soit pas encore venu, par le miracle de Longin transperçant le cœur de Jésus, Luisa commente ce qu’elle voit : des flammes d’Amour qui veulent transpercer ce Cœur de Jésus, ainsi que l’hémorragie interne dont Son Corps souffrait déjà à la suite des blessures causées par la dislocation de tous Ses membres.

 

Ces flammes appellent les âmes remplies d’amour à établir leur demeure dans ton Cœur. Ô Jésus, par ton Sang infiniment précieux, je te demande la sainteté pour ces âmes.
 C’est ici dans ces trois derniers paragraphes, que commence l’importance du Cœur de Jésus, qui représente la Personne de Jésus dans toutes les âmes qui L’aiment, car toujours et partout, même dans les moments les plus terribles de l’existence humaine, où il semble que le mal domine tout, il existe des âmes qui aiment Dieu, quelles que soient leur race ou leur religion. Il va de soi que les âmes victimes ne pouvaient être exclues de ce paragraphe, ni les âmes qui vivent dans Sa Volonté. Dans ce premier paragraphe, Luisa nous réaffirme que c’est le Cœur de Jésus, enveloppé de flammes d’Amour et de Sang, qui appelle toutes les âmes qui aiment Dieu à entrer dans Son Cœur et à y faire leur demeure ; il y a donc clairement dans ce paragraphe une demande de Luisa, adressée à ces âmes en particulier : la sainteté de la vie vécue dans la Divine Volonté.

 

Et celles qui t’aiment, ô Jésus, ne les laisse jamais sortir de ton cœur, et par ta Grâce, multiplie les vocations des âmes victimes pour qu’elles continuent ta Vie sur la terre.
Une fois que ces âmes qui aiment Dieu ont répondu à l’appel de Son Cœur, Luisa demande encore plus, elle demande pour ces âmes qui L’aiment, qu’Il ne les laisse jamais sortir de Son Cœur, et dans un excès de Son Amour, qu’Il invite davantage d’âmes à vouloir devenir des âmes victimes pour Le soulager des douleurs que nous Lui causons tous et pour que Sa Justice soit en quelque sorte satisfaite, et qu’Il ne nous punisse pas autant.

 

Ô Jésus, que les flammes de ton cœur m’embrasent et me consument, que ton sang m’embellisse, que ton amour me maintienne toujours attachée à l’amour par la douleur et la réparation.
En tant qu’âme aimante, Luisa veut pour elle-même ce qu’elle a demandé pour les autres, et résume ainsi ce qu’elle veut pour elle-même : que les flammes de Son Cœur l’embrasent et la consument, que Son Sang l’embellisse, et que Son Amour la cloue à Lui, comme Il L’a cloué, seul l’Amour peut être capable de la faire souffrir.

 

Ô mon Jésus, après t’avoir cloué les Mains et les Pieds, les bourreaux retournent la Croix pour river les clous, contraignant ainsi ton adorable Visage à toucher la terre imprégnée de ton propre sang,
C’est un aspect de la Crucifixion que nous ne connaissions pas en détail, mais qui s’avère logique compte tenu de la manière dont les Romains crucifiaient leurs ennemis politiques. Enfoncer les clous est un acte nécessaire afin d’empêcher le crucifié de « glisser » et de se dégager des clous car une fois crucifié, la chair déchirée et les os déplacés s’ouvrent de telle manière que ce glissement est possible. Ce détail semble cruel mais Jésus en tire parti pour ce nouvel acte inconcevable de Son Amour pour nous.  Il embrasse la terre où il est tombé, imprégnée de Son Sang, pour bénir toute la terre, et pas seulement la terre juive. Dans cette grande récapitulation de toute Sa Passion, Jésus ne pouvait manquer de bénir toute Sa Création, dans ce grand acte d’Amour. La question qui s’impose est la suivante : pourquoi Jésus veut-il bénir la terre, toute la planète, alors qu’Il l’a Lui-même créée ? Nous pouvons nous approcher de Ses motivations en disant qu’en venant parmi nous, il était nécessaire de tout refaire, non seulement la condition humaine avilie et sans espoir de rétablissement, mais la création même que l’homme avait rabaissée au niveau de sa propre dégradation. En utilisant de manière abusive les biens créés par Dieu, l’homme dégrade, par son usurpation, tout ce qui est beau et magnifique dans la Création de Dieu, et Dieu voulait rétablir ce degré de pureté et de bonté inhérent à tout ce qu’Il a créé au service de l’homme.

 

 Et Toi, de Ta bouche divine, Tu l’embrasses, essayant par ce baiser d’embrasser toutes les âmes et de les lier à Ton amour, scellant ainsi leur salut.
Luisa, à son tour, interprète maintenant ce geste de Jésus en disant que Jésus scelle par ce baiser le salut de toutes les âmes, c’est-à-dire la possibilité pour toutes d’être sauvées. Déjà à l’Heure de la Prison, Jésus nous a tous pardonnés, nous offrant tous les bienfaits qui découlent de Son Œuvre rédemptrice. À présent, Il nous rend capables de nous sauver, dans le baiser qu’Il donne à la terre imprégnée de Son Sang, qui à son tour, contient toutes les âmes. Ainsi, Jésus, en embrassant Son Sang, nous donne à tous le baiser du salut.

 

Ô Jésus, je veux prendre ta place afin que ton corps sacré ne touche pas cette terre imprégnée de ton précieux sang ; je veux te serrer dans mes bras, et tandis que les bourreaux enfoncent les clous, fais que ces coups me blessent moi aussi et me clouent tout entière à ton amour.
 Après nous avoir décrit et interprété ce qui se passe dans les instants qui suivent la Crucifixion proprement dite, Luisa nous parle de la façon dont elle aurait voulu prendre Sa place, et empêcher que Son Très Saint Corps ait à toucher la terre. Elle veut le serrer dans ses bras, et tandis que se produit cette nouvelle profanation de ce Saint Corps, elle voudrait elle aussi être clouée à ses côtés.

 

Je pose ma tête sur la tienne, et tandis que les épines s’enfoncent toujours plus profondément dans ta très sainte tête, je veux t’offrir, ô mon Jésus, toutes mes pensées comme des baisers pour te consoler et adoucir l’amertume de tes épines.
Luisa offre ses propres réparations à la suite de celles qu’a offertes Jésus, dans les différents aspects de la Crucifixion. Dans cette première réparation qui est la sienne, Luisa veut s’associer au couronnement d’épines, pour offrir ses pensées, comme des baisers destinés à consoler et à adoucir l’amertume des épines enfoncées. Bien que Luisa ait déjà exprimé verbalement bon nombre de ces réparations dans les autres Heures, notamment lorsqu’Il a été couronné pour la première fois, Luisa comprend à juste titre qu’il ne suffit pas d’offrir soulagement et consolation par cet acte une seule fois, mais que nous devons le faire fréquemment, car c’est l’un des actes les plus marquants de la Passion, en raison de la signification réparatrice qu’il revêt.

 

Ô Jésus, je pose mes yeux sur les tiens, et je vois que tes ennemis ne sont pas encore rassasiés de t’insulter et de se moquer de toi, et je veux te défendre par mon regard en t’adressant des regards d’amour pour adoucir tes regards divins.
Ces réparations de Luisa nous semblent répétitives, car nous les regardons d’un point de vue statique. Pour Luisa, et pour nous, le processus de la Passion, même si nous n’y avons pas participé comme Luisa l’a fait, doit être un processus dynamique. Qu’entendons-nous par-là ? La lecture de n’importe laquelle des Heures de la Passion, une lecture quotidienne si possible, doit transporter notre imagination et notre sensibilité vers ces moments, comme si, en réalité, nous les voyions. Nous devons oublier ce qui s’est passé avant, pour nous concentrer sur ce qui se passe maintenant, et sur ce que nous devons faire en cette Heure pour compatir avec Jésus. Si tel est le cas, ou si cela doit être ainsi, ce qui s’est passé il y a deux heures, ou cinq heures, s’est passé avant et toute réparation que nous avons faite, avec Luisa, est déjà passée, et maintenant quelque chose de différent se passe, quelque chose que nous devons apprécier en ce moment, et nous unir à Jésus. Un exemple aiderait peut-être. Nous rendons visite quotidiennement à l’hôpital à un proche ou à un ami malade car c’est un proche très cher. Hier, le patient souffrait, et hier nous avons offert nos paroles de réconfort à cet ami ou à ce proche. Aujourd’hui, nous arrivons, et il continue de souffrir, plus ou moins, cela n’a pas d’importance ; ce qui importe, c’est que lorsque nous le voyons, nous allons le consoler, pas pour ce qu’il a souffert hier. Nous n’allons pas lui dire : « Tu sais qu’hier, je t’ai dit des paroles de réconfort, alors aujourd’hui, souviens-toi de ce que je t’ai dit hier, et applique-le à ce que tu souffres aujourd’hui, car je ne vais pas me répéter. » Ne pensons pas que Luisa répète ses paroles de compassion et ses réparations. Elle le voit maintenant souffrir avec la couronne d’épines, ou elle le voit insulté, et elle compatit et répare à nouveau avec Lui. Elle ne lui dit pas : « Jésus, je t’ai déjà dit il y a quatre heures, quand on t’a couronné d’épines, que j’avais de la compassion pour toi, alors tu sais déjà ce que je ressens. » Non, bien au contraire, Luisa répète ses mots d’amour et de compassion maintenant, quand ils sont à nouveau nécessaires, car selon les propres paroles de Jésus : « Si l’offense est continue, la réparation doit être continue. »

 

Je pose ma bouche sur la tienne, je vois ta langue presque collée au palais à cause de l’amertume du fiel et de la soif ardente. Pour apaiser ta soif, ô mon Jésus, tu voudrais que tous les cœurs des créatures débordent d’amour, mais comme tu ne les as pas, tu brûles de plus en plus pour eux. Ô Jésus, je veux t’envoyer des fleuves d’amour pour atténuer quelque peu l’amertume de ta soif.
Luisa concentre son attention sur la langue de Jésus, qui est collée au palais à cause de la soif qu’il souffre en raison de la perte de sang, et par conséquent d’eau. Luisa reprendra ce concept plus tard lorsqu’elle sera témoin de la cinquième parole de Jésus : « J’ai soif ». Bien plus que la soif physique, Jésus a soif des âmes qui ne sont pas unies à Lui, débordant du même Amour qu’Il nous porte et qu’Il nous montre en ces moments de Sa Passion. Luisa veut réparer et soulager cette Soif de Jésus, en Lui envoyant des flots de son amour.

 

Ô mon Jésus, je place mes mains dans les tiennes, je vois qu’à chaque mouvement que tu fais, les plaies s’ouvrent davantage et la douleur devient plus intense et plus âpre. Ô Jésus, je veux t’offrir toutes les œuvres saintes des créatures pour réconforter et atténuer quelque peu l’amertume de tes plaies.
Luisa observe comment les plaies des mains de Jésus s’« ouvrent » de plus en plus, car comme nous l’avons indiqué, chaque mouvement de ces Mains ouvre encore davantage les trous causés par les clous. La douleur a dû être intense et croissante. À première vue, il ne semble pas y avoir de parallèle entre l’offrande des œuvres saintes des créatures et Ses plaies ; et pourtant, ce parallèle existe, et voici lequel : si les plaies de Jésus ont été provoquées par Son désir de nous racheter, à travers la douleur de nos mauvaises actions, seules des œuvres saintes peuvent contrebalancer et Le dédommager de ces douleurs.

 

Ô Jésus, je pose mes pieds dans les tiens, combien tu souffres, tous les mouvements de ton corps très saint semblent se répercuter sur tes pieds, et il n’y a personne à tes côtés pour les soutenir et atténuer un peu l’âpreté de tes douleurs. Ô mon Jésus, je voudrais parcourir toutes les générations, passées, présentes et futures, prendre tous leurs pas et les mettre dans les tiens pour te soutenir et adoucir ta douleur ; mieux encore, je veux aussi mettre tous les pas de l’Éternel afin de pouvoir apporter un véritable réconfort à ta Divine Personne.
La beauté et la profondeur de ce passage sont incomparables, et tout réside dans la dernière des réparations et des intentions de Luisa. Elle dit : « Je veux aussi y ajouter les pas de l’Éternel, afin de pouvoir apporter un véritable réconfort à Ta Divine Personne ». Que veut faire Luisa à travers cette image ? S’agit-il d’une image symbolique ? La Divinité, l’Éternel, peut-elle faire des pas ? La réponse est oui. Dans ces Écrits, Jésus définit la Divinité comme étant tout Amour, Adoration entre les Trois Personnes Divines, et tout mouvement. Les pieds de Jésus l’ont conduit à marcher sur les sentiers tracés par la Divinité, qui a déjà parcouru ce chemin dans Son « Esprit ». En effet, tout ce que Jésus a fait, la Divinité l’a déjà fait, car Elle a tout conçu et tout pensé. Cette image revient donc à l’expression : Marcher sur les Chemins de la Divinité avec Ses propres Pas. Luisa veut qu’Il se souvienne que tout ce qu’Il souffre, Il le souffre dans un but, un but déjà pensé par Eux depuis la création de l’homme et sa chute possible, et c’est en réalité la seule réparation possible. 

 

Ô mon Jésus, je dépose mon cœur dans le tien, pauvre cœur, comme tu es déchiré. Si tu bouges les pieds, tu sens comme si les nerfs à la pointe du cœur t’étaient arrachés ; si tu bouges les mains, les nerfs au-dessus du cœur sont tendus ; ô Jésus, si tu bouges la tête, la bouche du cœur saigne et subit la crucifixion complète. Ô mon Jésus, comment puis-je soulager tant de douleur ? Je me répandrai en tout Ton Être, je mettrai mon cœur dans le Tien, mes désirs dans Tes désirs ardents, pour détruire les mauvais désirs des créatures ; je répandrai mon amour dans le Tien, et de là, je prendrai assez de feu pour embrasser tous les cœurs des créatures et détruire les amours profanes.
Luisa dit ici que le cœur de Jésus saigne à chaque mouvement, ce qui indique une hémorragie interne provoquée par la déchéance de Ses Membres. Son Cœur se déchire encore davantage à chaque mouvement. Puisque le cœur de Jésus est le centre de Sa Personne, physiquement et spirituellement, Luisa met tous ses sentiments, ses désirs, son amour, dans le Cœur de Jésus, et de ce Cœur, elle puisera le feu nécessaire pour détruire tout ce qu’il y a de malsain et de profane dans les cœurs humains.

 

Je me répandrai dans ta Très Sainte Volonté afin de pouvoir anéantir tout acte maléfique. Et c’est ainsi que ton cœur trouve le soulagement, et je te promets de rester toujours clouée à ce cœur par les clous de tes désirs, de ton amour et de ta Volonté.
Luisa fait maintenant appel au plus grand recours dont nous disposons pour réparer toutes nos offenses, personnelles et collectives, et elle le fait en se répandant dans Sa Très Sainte Volonté afin d’anéantir par ses actes tous les actes malveillants, car tout, dans Sa Volonté, peut s’accomplir. Ainsi, Luisa sait que Son Cœur spirituel, et non physique, est soulagé, et elle Lui promet de rester toujours clouée à Son Cœur, avec les clous de ses désirs, de son amour et de la Volonté biloquée en elle.
 
Et voici, ô mon Jésus, Toi crucifié, moi crucifiée en Toi. Tu ne me permettras pas de me détacher le moins du monde de Toi, afin de pouvoir T’aimer et réparer pour tous, et Te réconforter pour les offenses que les créatures Te font.
Luisa nous rappelle que Jésus lui a promis que c’est Son Désir que toutes les âmes qui L’aiment restent crucifiées avec Lui ; en d’autres termes, qu’elles partagent avec Lui, à un degré plus ou moins grand, la Croix qu’Il a acceptée et souffert pour nous. Et elle veut, en partageant ainsi avec Lui Sa Crucifixion, réparer pour tous ceux qui ne L’aiment pas, et Le réconforter pour toutes les offenses qu’à chaque instant, nous Lui causons.