RÉFLEXION ET ANALYSE
4ᵉ HEURE – 1ʳᵉ PARTIE
LE LAVEMENT DES PIEDS – LA CÈNE EUCHARISTIQUE
(De Liliana et Candido Fernandez) — traduction par les disciples amoureux missionnaires.
Et maintenant, commençons l’étude détaillée de ce qui s’est passé pendant cette quatrième heure.

Mon doux amour, toujours insatiable dans Ton Amour, je vois qu’à la fin du repas (Cène) légal, Tu Te lèves de table et, avec tes disciples bien-aimés, tu élèves l’hymne de gratitude au Père pour vous avoir donné la nourriture, Ainsi tu répares nos manques de remerciements pour les nombreux moyens que Dieu met à notre disposition pour l’entretien de notre vie corporelle. C’est pourquoi, ô Jésus, dans tout ce que tu fais, touches ou vois, tu as toujours sur les lèvres ces mots : « Merci, ô Père ! »
Luisa est ici témoin d’un acte important de Jésus, un hymne de gratitude pour la nourriture qu’ils avaient ingérée, pour la conservation de la vie corporelle. Nous oublions souvent que ce que nous recevons indirectement résulte également de la bienveillance de notre Créateur, de notre Père. Nous sommes très prompts à remercier lorsque nous recevons directement de Ses mains un bienfait, mais nous sommes également prompts à oublier ce qui nous vient de Lui indirectement. Le médecin qui pose le bon diagnostic ou réussit l’opération, le professionnel qui résout un problème juridique, le plombier qui répare nos dégâts, etc. Tous, absolument tous, agissent, souvent de manière “compulsive”, pour nous aider ( au nom de Dieu).
Moi aussi, ô Jésus, unie à Toi, je reprends les paroles de Tes Lèvres et je dirai toujours et en tout : « Merci pour moi et pour tous », afin de continuer la réparation pour nos manques de reconnaissance.
Le modèle de conduite dans toutes ces Heures de la Passion. Luisa est témoin d’un acte de réparation de Notre Seigneur, dans lequel Jésus fait le contraire de l’acte offensant ; dans ce cas, Jésus a rendu grâce à la fin du repas pascal, ce que la plupart d’entre nous ne faisons pas, et ainsi il a rendu son acte agréable au Père pour compenser ce que les autres ne font pas. Luisa, maintenant, après avoir observé ce que fait Jésus et pourquoi Il le fait, renouvelle son propre acte de réparation, en prononçant les mêmes paroles que Jésus, avec la même intention. Deux choses sont toujours impliquées dans toute réparation :
1) Il faut imiter l’acte de Jésus dans sa manière de le faire, qu’il s’agisse d’œuvres ou d’œuvres et de paroles, et
2) L’acte qui imite celui de Jésus doit être fait avec la même intention que lui.
Mais, ô mon Jésus, ton amour semble ne pas connaître de répit. Je vois que tu fais à nouveau asseoir tes disciples bien-aimés ; tu prends une bassine d’eau, tu te ceins d’une serviette blanche et tu te prosternes aux pieds des apôtres, dans un acte si humble qu’il attire l’attention de tout le Ciel et le rend immobile. Les apôtres eux-mêmes restent presque immobiles en te voyant prosterné à leurs pieds. Mais dis-moi, mon Amour, que veux-tu, que cherches-tu à faire par cet acte si humble, une humilité jamais vue et qui ne sera jamais vue ?
Luisa est maintenant témoin du lavage des pieds des apôtres. L’ordre dans lequel cet acte est accompli est important car s’il avait été fait avant le repas eucharistique et le repas légal, les apôtres l’auraient interprété comme l’acte d’un bon hôte, même s’ils auraient toujours été surpris que leur Maître et Seigneur s’humilie de cette manière. À cette époque où les rues étaient poussiéreuses et même boueuses, la partie du corps qui se salissait le plus était les pieds des invités. Il était donc d’usage, lors de dîners comme celui-ci, que les esclaves du maître de maison lavent les pieds des convives. Cependant, c’est Jésus lui-même qui lave les pieds, et il ne le fait pas avant le repas légal ou pascal, mais après le repas, avant l’institution de l’Eucharistie. Luisa, comme nous, est curieuse de connaître la véritable raison pour laquelle Jésus a accompli cet acte si propre aux serviteurs et aux esclaves. Et Jésus l’explique dans le paragraphe suivant.
Ah, ma fille, je veux toutes les âmes, et prosterné à leurs pieds comme un pauvre mendiant, je les supplie, je les importune, et en pleurant, je leur tends les pièges de mon amour pour les gagner !
Jésus exprime que ce qu’il fait est un piège de son amour, c’est-à-dire une tactique, une stratégie pour essayer d’obtenir la conversion de toutes les âmes, en la personne de ses apôtres. Il nous veut tous avec lui, et Il n’a aucun « orgueil » à faire quoi que ce soit, même le plus humiliant, pour nous inciter à avoir pitié de lui, et en ayant pitié de lui, nous nous associons à lui, et nous nous unissons à lui. C’est aussi simple que cela. Il veut susciter notre sympathie à son égard à tout prix, car celui qui compatit s’unit, celui qui méprise s’éloigne.
Je veux, prosterné à leurs pieds, avec cette bassine d’eau mêlée à mes larmes, les laver de toute imperfection et les préparer à me recevoir dans le sacrement.
Il dit qu’Il veut, prosterné aux pieds des Apôtres, et symboliquement, devant chacun de nous, les laver, eux et nous, de toute imperfection et ainsi les préparer à recevoir pour la première fois l’Eucharistie. Nous devons nous préparer avant de Le recevoir, et en cette heure, Il nous enseigne qu’en réalité, Lui seul peut nous préparer correctement, avec Ses larmes.
Je tiens tellement à cet acte de me recevoir dans le Sacrement que je ne veux confier cette tâche ni aux anges, ni même à ma chère Maman, mais je veux moi-même les purifier jusqu’à leurs fibres les plus intimes, afin de les disposer à recevoir le fruit du Sacrement, et c’est mon intention de préparer toutes les âmes dans les apôtres.
Dans ce paragraphe, le concept de Bien et le Fruit de ce bien est à nouveau mis en évidence. Le Bien atteint par Lui pour l’acte de la Consécration et la Transsubstantiation du pain et du vin en Son Corps, Son Sang, Son Âme et Sa Divinité, et le fruit dont cet Acte sublime nous fait participer, dépendent dans leur efficacité spirituelle du degré plus ou moins grand de préparation avec lequel nous allons le recevoir. Une fois encore, l’accent est mis sur la préparation. Bien que, plus loin, dans certains chapitres où Luisa parle de cette préparation avant la communion, elle mentionne certaines des manières que nous pouvons le faire, comme Lui demander directement de préparer notre âme, demander à Notre Dame, aux anges et aux saints de venir nous préparer, la manière la plus appropriée reste celle-ci, et c’est pourquoi avant la Communion, nous devons renouveler Son intention de nous préparer, en nettoyant toute imperfection, en nous souvenant de cette scène inoubliable de larmes et d’humiliation.
J’essaie de réparer toutes les œuvres saintes, par l’administration des sacrements, et en particulier pour les prêtres qui agissent avec un esprit d’orgueil, vides d’esprit divin et avec désintéressement.
Une nouvelle réparation de Jésus qui s’adresse aux prêtres qui agissent avec un esprit d’orgueil, dépourvus d’esprit divin et de désintéressement. Depuis que Jésus a confirmé le statut sacerdotal qui avait toujours existé dans le peuple juif, d’abord à travers les prophètes, puis à travers la tribu de Lévi, qui a été consacrée pour toujours comme peuple sacerdotal, il a toujours été exigé des autres qu’ils subviennent de manière adéquate aux besoins des prêtres qui abandonnent toute activité séculière pour se consacrer au culte. Jésus a tenté de faire de même et a donné pour instruction aux apôtres, et en particulier à saint Paul, de préciser clairement que le prêtre a le droit d’être entretenu par les fidèles. Cela n’a pas toujours été le cas, et nous en sommes tous en partie responsables. Dans de nombreux pays, le prêtre qui n’a pas la chance d’être accueilli dans une paroisse aisée connaît de nombreuses difficultés et souffre de privations matérielles. Il ne faut donc pas s’étonner que beaucoup d’entre eux essaient de « se débrouiller seuls », ce qui conduit toujours à une situation que Jésus ne souhaite pas, car le prêtre commence à se soucier davantage de ce qu’il va manger aujourd’hui que de ce qu’il doit faire aujourd’hui. De plus, depuis toujours, il y a eu des prêtres qui ont choisi de le devenir et d’autres qui ont fait ce choix afin de faire avancer « leur carrière » et de satisfaire leur ego personnel ou les attentes de leur famille. À l’époque où Luisa vivait en Italie, le concept diocésain de communauté et de paroisse n’était pas très développé, et de nombreux prêtres étaient obligés de vivre avec leur famille, ce qui les éloignait encore plus, car ils étaient pris dans les problèmes familiaux et négligeaient leur travail de pasteur auprès des fidèles. Notre Seigneur parle ici de tous ceux-là, et c’est pour eux tous que le Seigneur répare par cet acte.
Ah, combien de bonnes œuvres me parviennent plus pour me déshonorer que pour m’honorer ! Plus pour m’aigrir que pour me plaire ! Plus pour me donner la mort que pour me donner la vie ! Ce sont là les offenses qui m’attristent le plus. Ah, oui, ma fille, énumère toutes les offenses les plus intimes qui me sont faites et répare-les avec mes propres réparations, et console mon Cœur affligé.
Ici, Jésus commence à faire référence à l’un des aspects les moins connus, ou du moins les moins réfléchis, de notre relation avec Lui. Expliquons-nous mieux. Nous mettons beaucoup l’accent sur les œuvres qui Lui sont agréables tant dans leur exécution que dans leur intention ; nous mettons également l’accent sur les œuvres pécheresses et offensantes, mais nous ne parlons pas beaucoup des œuvres qui sont apparemment bonnes en apparence, mais qui sont faites avec une intention incorrecte, incomplète, voire pécheresse et offensante. Et Il dit, de manière surprenante, que ce sont les offenses qui L’attristent le plus. Il utilise le mot « attrister », et n’utilise pas d’autres mots tels que : « Me blessent », « M’ennuient », « Me défient », mais Il dit : « M’attristent ». Et il est clair que l’amitié trahie est ce qui attriste le plus Notre Seigneur.Tout cela, bien sûr, même si cela sort de la bouche de Jésus homme, vient directement de la Deuxième Personne, qui, en tant que Dieu, s’attriste de voir l’ignorance inconcevable de Ses créatures, et demande à Luisa de se joindre à Lui, pour réparer avec Ses propres réparations et consoler son cœur amer et triste.
Ô mon bien affligé, je fais mienne ta Vie et avec toi j’essaie de réparer toutes ces offenses !
Luisa déclare son intention de faire sienne la Vie de Jésus, car ce n’est qu’en faisant sienne Sa Vie qu’elle peut, en réalité, offrir Ses mêmes réparations pour les offenses. C’est un aspect que nous essayons toujours de souligner dans toutes nos études sur la Divine Volonté : premièrement, la créature doit comprendre ce qu’Il veut lui faire connaître, et deuxièmement, une fois qu’elle a compris, dans la mesure où elle peut comprendre ces mystères en tant que créature, elle doit embrasser cette connaissance et la faire sienne, car on ne peut utiliser, offrir, chérir que ce qui nous appartient.
Je veux pénétrer dans les recoins les plus intimes de ton cœur divin et réparer avec ton propre cœur les offenses les plus intimes et les plus secrètes que tu reçois de ceux qui te sont les plus chers, et avec toi, je veux faire des rondes dans toutes les âmes qui doivent te recevoir dans l’Eucharistie, entrer dans leurs cœurs, et joindre mes mains aux tiennes pour les purifier.
Luisa participe avec Jésus, et il convient de souligner les éléments de sa réparation, car, en termes généraux, c’est le processus que Luisa suit lorsqu’elle répare :
1) Elle entre dans le Cœur de Jésus, dans Sa Personne.
2) Elle prends Son Cœur, pas le nôtre, et avec Son Cœur, répare les offenses les plus intimes et les plus secrètes qu’Il reçoit de ceux qu’Il aime le plus.
3) Elle s’unit à Lui et veut aller vers toutes les âmes qui à un moment donné de l’histoire humaine, vont recevoir l’Eucharistie.
4) Pour les purifier de toute imperfection qui pourrait les enlaidir.
Ah, Jésus, avec ces larmes et cette eau avec lesquelles tu as lavé les pieds des apôtres, lavons les âmes qui doivent te recevoir, purifions leurs cœurs, enflammons-les, secouons la poussière qui les souille, afin que, lorsque tu les recevras, tu puisses y trouver ton contentement plutôt que ton amertume.
Cette réparation ne s’adresse pas aux âmes en état de péché, elle s’adresse aux âmes qu’Il aime, c’est-à-dire à celles qui, étant en état de grâce, s’approchent pour Le recevoir dans l’Eucharistie. Peu importe à quel point nous sommes en état de grâce et dans Son amitié, il reste toujours dans notre âme des imperfections, des défauts, souvent involontaires, qui nous enlaidissent et qui Lui déplaisent, « la poussière dont elles sont souillées », en particulier lorsqu’il s’agit de recevoir le Bien Suprême dans notre corps et notre âme. Dans cette réparation, Luisa suit l’intention de Jésus de purifier ses disciples de toute imperfection, et dans le cas de Judas, le Seigneur veut, par cet acte d’humilité extrême, toucher son cœur et provoquer son repentir.
Mais, mon amour bien-aimé, tandis que tu es attentif à laver les pieds des apôtres, je te regarde et je vois qu’une autre douleur transperce ton cœur très saint. Ces apôtres représentent tous les futurs enfants de l’Église, et chacun d’eux représente la série de tous les maux qui allaient exister dans l’Église et, par conséquent, la série de toutes tes douleurs.
Luisa interprète les actions de Jésus et voit bien au-delà de ce qui se passe. Luisa commence à parler des douleurs qui transpercent son cœur. Il est nécessaire de comprendre que lorsque Luisa fait référence à la Douleur en Jésus, elle n’utilise pas les mots peines ou souffrances, elle fait référence 1) à un sentiment et non à quelque chose de physique, et 2) à un sentiment qui touche Jésus au plus profond de Sa Personne. Rien ne L’affecte plus que ces « douleurs ». Observons attentivement quand elle utilise ce mot, afin de prêter une attention particulière à la douleur décrite. Dans ce cas, il s’agit de la douleur que Lui cause la hiérarchie de l’Église, en particulier les évêques, successeurs directs des apôtres, et le pape, lorsqu’ils n’agissent pas correctement, comme Il l’attend d’eux.
Dans un cas, les faiblesses ; dans un autre les tromperies ; dans un autre, les hypocrisies ; dans un autre, l’amour démesuré des intérêts ; chez Saint Pierre, l’échec des bonnes intentions et toutes les offenses des chefs de l’Église ; chez Saint Jean, les offenses des plus fidèles ; chez Judas, tous les apostats, avec toute la série de maux graves causés par eux.
La hiérarchie ecclésiastique a causé de grands maux à l’Église, en particulier les hérésies, les apostasies et, dans une moindre mesure, mais tout aussi graves et douloureux, les autres maux qui ont affligé et affligent encore l’Église en raison de l’intérêt démesuré de certains, de l’hypocrisie d’autres, de l’incapacité à mener à bien de bonnes intentions. Ces fils bien-aimés vont souvent manquer à leurs obligations en tant que pasteurs et administrateurs de vos grâces et de vos biens. Sans votre promesse sans équivoque de toujours la protéger, l’Église aurait déjà disparu à cause des offenses de ses plus fidèles.
Ah ! ton cœur est tellement étouffé par la douleur et l’amour que, incapable de résister, tu t’arrêtes aux pieds de chaque apôtre et tu éclates en sanglots, tu pries et tu répares chacune de ces offenses, tu implores et tu obtiens pour tous le remède approprié.
Face à la prévision de ces offenses, Jésus les contrecarre, d’abord en souffrant Lui-même ces douleurs dans Son Cœur Très Saint, ensuite en priant et en réparant chacune des offenses que chaque disciple, tôt ou tard, va commettre, et enfin en implorant et en obtenant du Père pour chacun d’eux, le repentir nécessaire de leur faute et les grâces nécessaires pour que ce comportement offensant ne se répète pas. Cela est particulièrement important, car ces âmes ont été et seront tellement bénéficiaires de Sa grâce qu’il est presque inconcevable qu’elles L’offensent, mais c’est ainsi, elles L’offensent, et nous devons nous souvenir de ce qu’Il dit un jour à Luisa : « Si après tout ce que je t’enseigne et toutes les grâces que je t’ai accordées, tu m’offenses, tu mériterais que je te foudroie » ; c’est-à-dire que plus l’âme est proche de Jésus, plus Il exige de nous, plus il est difficile, si nous L’offensons, d’obtenir à nouveau Son pardon et Son amitié. Une grâce spéciale de conversion est nécessaire pour que ces âmes se repentent. C’est ce que Jésus demande en particulier pour ces âmes préférées qui sont tombées dans la faute.
Mon Jésus, je m’unis aussi à Toi, je fais miennes Tes prières, Tes réparations, Tes remèdes propices pour chaque âme. Je veux mêler mes larmes aux Tiennes, afin que Tu ne sois jamais seul, mais que Tu m’aies toujours avec Toi pour partager Tes peines.
Bien qu’elle ne le mentionne pas spécifiquement, Luisa veut participer à la réparation et à la supplication que Jésus a faites, et elle joint ses prières aux siennes, ses réparations aux siennes, et la demande de remèdes propices à chacun, n’est autre qu’une demande spéciale de conversion et de repentir après la faute. Elle veut tout comprendre, pour L’accompagner, partager et soulager toutes Ses peines et Ses douleurs.
Je vois, mon doux amour, que tu es déjà aux pieds de Judas, j’entends ton souffle haletant, je vois que tu ne pleures pas seulement, mais que tu sanglotes, et tandis que tu laves ces pieds, tu les embrasses, tu les serres contre ton cœur, et ne pouvant parler parce que ta voix est étouffée par les larmes, tu le regardes avec tes yeux gonflés par les larmes et tu lui dis avec ton cœur :
Luisa est témoin de cette scène émouvante dans laquelle Jésus se prosterne aux pieds de Judas pour les laver comme il l’a fait pour l’ t les autres apôtres, et il le voit, espérant que Judas soit ému devant ses yeux larmoyants, et interprète que Jésus, dans le silence intime de deux cœurs, le sien et celui de Judas, engage un dialogue amoureux ; dialogue dans lequel Jésus implore Judas de l’écouter et lui dit :
« Mon fils, ah, je t’en supplie de la voix de mes larmes : ne va pas en enfer, donne-moi ton âme, je t’en prie, prosterné à tes pieds ! Dis-moi, que veux-tu ? Que veux-tu ? Je te donnerai tout pour que tu ne te perdes pas. Ah, épargne-moi cette douleur, à moi, ton Dieu ! »
Jésus fait participer Luisa à cette conversation intime qu’il a eue avec Judas et qui, comme tous les autres actes de la Passion, est vivante, en action, pour l’éternité. Jésus lui demande de ne pas aller en enfer. Rappelons-nous que ceux qui Le rejettent au dernier moment de leur vie vont en enfer. C’est le dernier péché, même s’il n’y en avait pas d’autre, le péché du rejet, de ne pas vouloir être avec Lui, de vouloir aller en enfer, le péché qui nous condamne. Jésus promet tout à Judas, pourvu qu’il ne Le rejette pas, pourvu qu’il ne veuille pas aller en enfer.
Et tu serres à nouveau ces pieds contre ton cœur, mais voyant la dureté de Judas, ton cœur est en détresse, l’amour t’étouffe et tu es sur le point de t’évanouir. Mon cœur et ma vie, laisse-moi te serrer dans mes bras.
Jésus ne peut rien contre la dureté du cœur, il est impuissant face à cet acte de rébellion, car il a lui-même décidé de respecter notre libre arbitre jusqu’au bout. Nous devons comprendre et réfléchir à l’extraordinaire manifestation de Son Amour envers Judas. Plus cette manifestation d’Amour est grande, plus l’offense du rejet et du non-amour est douloureuse. Luisa comprend que Jésus est sur le point de s’évanouir, tant la douleur de l’amour non partagé est intense. Luisa fait la seule chose qu’elle ou que nous pouvons faire dans ces cas de profonde douleur : soutenir Jésus pour qu’il ne s’évanouisse pas. Nous sommes heureux si nous comprenons le grand privilège et l’honneur que Jésus nous accorde à travers Luisa, à savoir que lorsque nous lisons ces paragraphes, nous pouvons soutenir Dieu dans nos bras pour compenser un peu cette offense inconcevable mais réelle.
Je comprends que ce sont là les stratagèmes d’amour que tu utilises avec chaque pécheur obstiné,
Nous voulons souligner cette observation de Luisa qui est très importante à comprendre. Jésus utilise des stratagèmes d’amour qui sont différents pour chaque pécheur obstiné. L’obstination, comme toute autre vertu/défaut humain, se produit lorsque nous réaffirmons à plusieurs reprises notre position dans une situation donnée, même si les événements nous suggèrent que nous devrions changer d’avis. L’obstination est croissante, et une obstination qui croît devient de plus en plus difficile à éradiquer, pour le meilleur ou pour le pire. L’obstination peut être une vertu et une qualité de caractère importante, surtout lorsqu’elle est motivée par quelque chose de bon et de noble ; mais lorsqu’elle est motivée par quelque chose de mauvais et d’offensant, elle devient un défaut ou un vice, bien pire que la cause pour laquelle nous sommes obstinés ; en d’autres termes, l’obstination à continuer d’exprimer une opinion ou à vouloir poursuivre une voie mauvaise devient un péché plus grave que le péché pour lequel nous sommes obstinés. Sur le plan humain, l’obstination exige une grande patience de la part de l’être humain qui tente de nous guérir de ce défaut. Il faut beaucoup d’ingéniosité pour tenter de pénétrer la carapace que l’obstination érige entre l’obstiné et le « thérapeute » ; cela exige un esprit extraordinairement compatissant et aimant de la part du « thérapeute » qui essaie de nous aider. Tout cela, c’est Jésus : il est ingénieux dans sa méthode, il est patient, sa patience dure toute notre vie, et il est compatissant et aimant, car il ne renonce pas à ses efforts pour vaincre notre obstination sur le chemin du mal que nous poursuivons.
Et je te prie, ô Jésus, tandis que je compatis et que je répare les offenses que tu reçois des âmes qui s’obstinent à ne pas vouloir se convertir, permets-moi de parcourir la terre avec toi, et là où se trouvent les pécheurs obstinés, de leur donner tes larmes pour les attendrir, tes baisers et tes étreintes d’amour pour les enchaîner à toi, afin qu’ils ne puissent s’échapper, et ainsi je te consolerai de la douleur de la perte de Judas.
Luisa est très perspicace pour comprendre l’obstination, et que la seule chose qui puisse la vaincre est une intervention extraordinaire de Miséricorde et d’Amour de la part de Notre Seigneur, exprimée par des larmes pour les attendrir, des baisers et des étreintes d’Amour, en particulier des étreintes qui enchaînent les âmes à Lui, qui « transfusent » leur obstination du péché vers Lui ; qu’ils deviennent obstinés mais désormais obstinés dans Son Amour, qu’ils dépendent totalement de Lui, et Luisa ne veut pas seulement que cela se produise pour le bien de ceux qui s’obstinent à Le rejeter, mais elle veut le faire pour que tous ceux qui se convertissent et transfusent leur obstination du péché vers Jésus, compensent Jésus pour la perte extraordinaire de Judas.
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Mon Jésus, ma joie et ma délices, je vois que ton amour court, qu’il court rapidement, tu te lèves, souffrant comme tu es, et tu cours presque vers la table où le pain et le vin sont déjà préparés pour la consécration.
Les événements suivent leur cours, Sa Passion ne peut être arrêtée, et maintenant Son Attention se tourne vers la Table où sont déjà préparés le pain et le vin de la Consécration. Il s’agit bien sûr du pain de la Cène pascale, du pain sans levain, sans aucun additif ; le vin, du vin frais issu des récoltes de cette même année. Luisa dit qu’elle court vers la table, que Son Amour court vers l’autel.
Je vois, mon cœur, que tu prends un aspect tout nouveau et jamais vu, ta Personne Divine prend un aspect tendre, aimant, affectueux, tes yeux brillent de lumière, plus que s’ils étaient des soleils ; ton visage enflammé resplendit ; tes lèvres souriantes, brûlantes d’amour ; et tes mains créatrices se mettent en position de créer.
Luisa observe un changement extraordinaire dans la personne de Jésus, elle dit que c’est quelque chose « jamais vu ». Les manifestations qu’elle rapporte chez Jésus sont les mêmes transformations qui ont probablement eu lieu lors de la Transfiguration, mais elles sont maintenant beaucoup plus accentuées par la transcendance de l’acte qu’il va accomplir ensuite.
Je te vois, mon amour, tout transformé, comme si ta Divinité débordait de ton Humanité.
Luisa comprend très clairement que cette Transformation, cette Transfiguration, est due au fait que Sa Divinité déborde, ne se cache pas, ne veut plus rester cachée plus longtemps, veut se manifester à tous Ses Apôtres en ce moment sublime.
Mon cœur et ma vie, Jésus, cet aspect de toi jamais vu, attire l’attention de tous les apôtres qui, subjugués par un charme si doux, n’osent même pas respirer. La douce Maman court en esprit aux pieds de l’autel pour contempler les prodiges de ton amour ; les anges descendent du Ciel et se demandent entre eux : « Que se passe-t-il ? Que se passe-t-il ? » Ce sont de véritables folies, de véritables excès ! Un Dieu qui crée, non pas le ciel ou la terre, mais Sa Présence réelle ! Et où ? Dans la matière vile d’un peu de pain et d’un peu de vin !
Une fois de plus, Luisa est témoin de ce processus préliminaire, anticipatoire de ce Miracle des Miracles qui va bientôt se produire. Tout se met en mouvement dans l’anticipation : les Apôtres qui ne peuvent comprendre la Transformation de Jésus qu’ils pensaient déjà connaître et qui se renouvelle maintenant devant eux, la Très Sainte Vierge, pour qui cette action de Son Fils ne peut être inconnue, mais à laquelle elle se joint avec l’Admiration et l’Amour avec lesquels elle accueille tout ce qu’Il fait, et les Anges du Ciel, qui, connaissant ce que Jésus a l’intention de faire, proclament également leur admiration devant ce que Jésus envisage de faire. Il convient de souligner comment Luisa fait écho aux paroles des Anges qui proclament que Jésus pense créer Sa Présence Réelle dans ce pain et ce vin. L’un des aspects de la divinité que Jésus met en évidence dans les volumes est celui de la bilocation, avec lequel il définit et replace dans son contexte véritable ce miracle de la transsubstantiation. En effet, dans chaque bilocation, Jésus tout entier, corps, sang, âme et divinité, transforme la matière du pain et du vin, les déplace et se met à leur place ; et il continuera à faire cette bilocation jusqu’à la fin des temps, chaque fois qu’un prêtre, investi de ce pouvoir qui est le Sien, le demandera.
Et tandis que tous sont autour de Toi, ô amour insatiable, je vois que Tu prends le pain entre Tes mains, que Tu l’offres au Père et j’entends Ta voix très douce qui dit :
Jésus nous veut tous avec Lui, c’est pourquoi notre présence à la Consécration est si importante. Jésus ne veut pas seulement que nous mangions Son Corps et buvions Son Sang pour avoir Sa Vie en nous, mais Il nous veut à Ses côtés au moment où Il se bilocalise et consacre ces espèces. En lisant ces mots, mettons notre esprit autour de Lui, en ce moment sublime, pour être témoins de ce miracle. Et maintenant, prêtons une grande attention aux paroles de consécration.
« Saint Père, nous te rendons grâce, car tu écoutes toujours ton Fils. »
Dans les deux paragraphes suivants, on peut observer très clairement la dualité de ses deux natures. Dans ce paragraphe, c’est son humanité qui s’exprime. Toujours et partout, il rend grâce au Saint Père, car il l’écoute toujours. Comme il nous est difficile de comprendre ces paroles de Jésus. Nous sommes tellement habitués à penser que nos proches sont tenus de répondre à nos besoins, et qu’ils pensent de même de nous, alors que ce sont eux qui reçoivent nos bienfaits, que nous avons oublié que nous devons rendre grâce, même pour les choses que nous pensons mériter et pour lesquelles, par conséquent, nous n’avons pas à remercier. Jésus, qui nous enseigne toujours à vivre correctement, rend grâce à son Père pour tout, mais plus particulièrement pour le fait qu’il l’écoute toujours. Combien de fois perdons-nous des amis, l’affection de notre famille, de notre épouse ou de notre époux, parce que nous présumons que nous n’avons pas à les remercier pour ce qu’ils font chaque jour pour nous ? Cependant, la seule garantie que nous avons qu’ils se comporteront demain avec nous comme ils se sont comportés aujourd’hui, c’est de les remercier pour ce qu’ils ont fait aujourd’hui. C’est le passeport pour une attitude favorable demain. Chaque jour, nous devons « mériter » l’attitude favorable de demain, et la meilleure façon, peut-être la seule, est de remercier les autres pour ce qu’ils font pour nous aujourd’hui.
Père Saint concoure avec Moi,
La divinité de Jésus se manifeste dans cette brève prière. L’aide ne se produit qu’entre égaux. Et ici, Jésus, dans sa nature de Verbe, de deuxième personne de la Sainte Trinité, demande à son Père qui l’a engendré, de même nature que lui, d’agir avec lui dans ce qu’il envisage de faire.
Un jour, tu m’as envoyé du Ciel sur terre pour m’incarner dans le sein de ma Mère afin de venir sauver nos enfants,
La deuxième personne de la Trinité continue de parler. Chaque fois que Jésus va agir dans cette capacité divine, il rappelle à son Père les termes du contrat, qu’il a acceptés et en vertu duquel il a été envoyé sur terre « pour sauver nos enfants ».
Maintenant, permets-moi de m’incarner dans chacune des hosties pour poursuivre leur salut et être la vie de chacun de mes enfants.
En bon Fils, il demande la permission, car c’est une permission qui est garantie par le contrat initial. Il veut le faire dans le cadre des termes du contrat original, auquel les Trois ont consenti afin de sauver nos âmes et de nous rendre le bonheur perdu. Jésus établit clairement que cela est essentiel pour que le Contrat puisse continuer à être respecté. Le contrat de notre salut a été signé et a commencé, mais il n’est pas encore terminé, et ne le sera pas avant la fin des temps.
Regarde, ô Père, il ne me reste que quelques heures à vivre, comment aurais-je le cœur de laisser mes enfants seuls et orphelins ? Leurs ennemis sont nombreux, les ténèbres, les passions, les faiblesses auxquelles ils sont soumis, qui les aidera ?
Pour notre bien, Jésus engage un dialogue avec Son Père dans lequel Il Lui « rappelle » qu’Il n’a plus beaucoup de temps à passer avec nous, qu’Il n’a pas le cœur de nous laisser seuls, abandonnés, sans Son aide et Sa protection. Il « rappelle » à son Père la supériorité intellectuelle de nos ennemis qui nous ont déjà vaincus une fois, que notre concupiscence est écrasante, que les faiblesses de notre caractère sont nombreuses et que les ténèbres nous enveloppent de toutes parts. Dans ces conditions, qui peut nous aider, si ce n’est Lui ? Certainement personne d’autre.
Ah, je t’en supplie, laisse-moi rester dans chaque hostie pour être la vie de chacun, mettre en fuite leurs ennemis, et être pour eux lumière, force et aide en tout !
Encore une fois, la supplication pour que le Père se joigne à Lui, avec le contrat qu’ils ont tous deux signé pour notre salut. En gros, Jésus « rappelle » à Son Père que, si les Trois veulent nous sauver et nous rendre le bonheur perdu, il faut le faire, car sans cette aide extraordinaire, nous sommes perdus face à l’ennemi.
« Sinon, où iront-ils ? Qui les aidera ? Nos œuvres sont éternelles, mon amour est irrésistible, je ne peux ni ne veux abandonner mes enfants. »
Une fois de plus, il répète les mêmes arguments, et à la fin, il présente le plus convaincant de tous en disant qu’il ne veut pas abandonner ses enfants. Il manifeste ainsi sa toute-puissance divine, exprimant son Fiat dans cette situation. Si nous pensons à la Sainte Trinité, dans le peu que nous pouvons comprendre de ce mystère, il y a un élément que Jésus nous révèle constamment, à savoir que les Trois sont distincts, mais qu’ils ont une même volonté. Ce concept implique une discussion avant l’action, et là où il y a discussion, les idées s’expriment librement, les avantages et les inconvénients sont exposés, et finalement un accord est trouvé, puis les trois agissent simultanément, tous d’accord. Ce qui a été largement discuté, c’est le contrat de notre salut. Jésus l’exprime ainsi dans le volume 4, le 12 mars 1903, où il nous laisse observer à travers une « petite fente » comment « fonctionne » le Consistoire de la Sainte Trinité. Une fois la discussion terminée et l’accord conclu, ils ont eu du mal à accepter toutes les implications du contrat dans les détails, et ils l’ont en quelque sorte « laissé seul et abandonné ». Jésus ne fait ici que réaffirmer ce qui avait été convenu dans le contrat initial : faire tout ce qui était nécessaire pour notre salut.
Le Père s’attendrit devant la voix tendre et affectueuse du Fils, et descend du Ciel. Il est déjà sur l’autel, uni au Saint-Esprit pour se concourir avec Fils.
Luisa dit que le Père « s’attendrit » devant la voix tendre et affectueuse du Fils, et il en va probablement de même pour le Saint-Esprit, et tous deux descendent du Ciel pour se joindre à Jésus sur l’autel, et les Trois se joignent à Jésus dans le Miracle. Le respect du Fils, uni à Sa volonté inébranlable, incite les deux autres Personnes à se joindre à Lui, car c’est Jésus qui est dans « la tranchée », pour ainsi dire, et Il sait mieux que quiconque ce qu’il convient de faire pour le Salut des Hommes.
Et Jésus, d’une voix sonore et émouvante, prononce les paroles de la Consécration, et sans se laisser aller, il s’enferme lui-même dans ce pain et dans ce vin.
Luisa ne dit pas la formule de la Consécration, qui, comme nous le savons, est : « Ceci est Mon Corps », une formule simple mais qui dit tout. « Ceci », c’est-à-dire ce pain que vous voyez, « est (maintenant) » ; notons qu’il ne dit pas « devient », mais « est », et bien qu’il ne le dise pas, cela sous-entend « maintenant », et par ces mots, il change la nature de ce pain, il change sa substance, il transsubstantie ce pain en « Mon Corps ». Luisa nous dit que « sans se quitter Lui-même, Il s’enferme Lui-même dans ce pain et dans ce vin », ce qui nous donne un autre aspect du miracle de l’Eucharistie, en exposant le concept de la bilocation qui se produit au moment de la Consécration, qui, dans les volumes, est ce que Jésus expose comme se produisant lors de la Consécration.
Ensuite, tu te donnes en communion à tes apôtres, et je crois que notre Mère céleste n’a pas été privée de te recevoir. Ah Jésus, les Cieux se prosternent, et tous t’envoient un acte d’adoration dans ton nouvel état d’anéantissement si profond !
Luisa raconte la communion des Apôtres avec des mots simples, sans entrer dans les détails qui pourraient diluer l’importance de l’événement, et interprète, à son tour, que Notre Dame ne pouvait être exclue de cet événement très important dans l’histoire humaine, et bien que Luisa ne le dise pas, Jésus le dit dans d’autres chapitres, Lui aussi s’est communié à Lui-même, car en se communiant Lui-même, Il « donnait la permission à l’homme » afin que nous puissions tous communier.
Mais, ô doux Jésus, alors que ton amour est comblé et satisfait, n’ayant rien d’autre à faire, je vois, ô mon bien, sur cet autel, entre tes mains, toutes les hosties consacrées qui se perpétueront jusqu’à la fin des temps, et dans chacune des hosties se déploie toute ta douloureuse Passion,
Luisa étant présente à ce moment sublime, elle a comme une vision de toutes les hosties qui seront consacrées tout au long de l’histoire humaine, et elle observe également que, dans chaque hostie, qui contient la Personne totale de Jésus, se déploie également toute Sa douloureuse Passion. C’est un aspect de l’Eucharistie auquel nous ne réfléchissons pas avec suffisamment d’attention. Il est profond de réfléchir au fait que, si Jésus se bilocalise dans cette hostie et transsubstantie cette matière en Lui-même, Sa Passion douloureuse, dont Il ne se sépare jamais et dont Il ne veut jamais se séparer, est également enfermée dans cette hostie. c’est pourquoi il insiste tant sur une brève réflexion sur un aspect de sa Passion lorsque nous communions ; et nous comprenons maintenant que lorsque nous communions, nous faisons nôtre sa Passion, nous l’absorbons dans notre corps, elle devient partie intégrante de notre vie, comme la nourriture qu’elle est.
Car les créatures, aux excès de ton amour, répondront par des excès d’ingratitude et d’énormes délits, et moi, cœur de mon cœur, je veux être toujours avec toi dans chacun des tabernacles, dans tous les ciboires et dans chacune des hosties consacrées qui existeront jusqu’à la fin du monde, pour t’offrir mes actes de réparation à mesure que tu reçois les offenses.
Luisa veut participer en réparant les offenses qu’elle prévoit et qui seront faites à Jésus Sacrament, en offrant sa compagnie et sa présence dans chaque ciboire, dans chaque tabernacle, dans chacune des hosties consacrées pour offrir réparation pour les offenses.
C’est pourquoi, mon cœur, je me mets près de Toi et j’embrasse Ton front majestueux, mais pendant que je T’embrasse, je sens sur mes lèvres les piqûres des épines qui entourent Ta tête, car, ô mon Jésus, dans cette sainte hostie, les créatures ne T’épargnent pas les épines comme dans la Passion, mais elles viennent devant Toi, et au lieu de te rendre hommage par leurs pensées, elles t’envoient leurs mauvaises pensées, et tu baisses à nouveau la tête comme dans la Passion pour recevoir les épines des mauvaises pensées qui se font en ta présence.
C’est la première d’une série d’observations/réparations que Luisa fait dans cette Heure de la Cène eucharistique. Luisa passe en revue chacune des Puissances (de son âme) et chacun des Sens de Jésus, et s’arrête pour réfléchir à Ses Désirs, désirs liés à Ses Puissances et à Ses Sens, et à notre incompréhension de ces Désirs, et à la façon dont cette incompréhension de notre part Le déplaît et L’offense. Il est nécessaire que nous comprenions bien qu’il y a beaucoup plus dans l’Eucharistie que le fait de se donner à nous comme Nourriture et Boisson de Salut. Quand nous ne savions pas cela, cela suffisait peut-être, mais cette connaissance éclaire notre compréhension et doit nous servir à mieux Le comprendre et Le satisfaire, en saisissant mieux ce qu’Il veut faire et nous donner dans l’Eucharistie. Et ainsi nous continuons. Luisa continue d’observer la nature de l’offense qui sera faite à Jésus Sacrament, et elle remarque que ces offenses se transforment en épines, beaucoup plus douloureuses car elles seront beaucoup plus nombreuses que les épines de la Couronne, dont le nombre était limité. Lorsque de mauvaises pensées viennent à Jésus, et elles sont très nombreuses, elles sont comme des épines enfoncées dans Sa Tête.
Ô mon amour, moi aussi, j’incline la tête pour partager tes peines, et je mets toutes mes pensées dans ton esprit pour retirer ces épines qui te font tant souffrir, et chacune de mes pensées coule dans chacune de tes pensées pour t’offrir un acte de réparation pour chaque mauvaise pensée des créatures, et adoucir ainsi tes pensées affligées.
Luisa participe à ces peines de Jésus, qui baisse la tête pour recevoir ces épines spirituelles des profanations et des offenses qui Lui sont faites dans le Saint-Sacrement, avec les mauvaises pensées. Luisa veut remplacer ces mauvaises pensées par les siennes, et ainsi adoucir Son affliction.
Mon Jésus, mon bien, j’embrasse tes beaux yeux. Je te vois dans cette sainte hostie, avec ces yeux aimants, dans l’attente de tous ceux qui viennent en ta présence, pour les regarder avec tes regards d’amour, et pour obtenir la correspondance de leurs regards aimants, mais combien viennent en Ta Présence et, au lieu de Te regarder et de Te chercher, regardent des choses qui les distraient de Toi, et Te privent du plaisir de l’échange de regards entre Toi et eux, et Tu pleures, et c’est pourquoi, en t’embrassant, je sens mes lèvres trempées par tes larmes.
Luisa est maintenant témoin de l’attitude de Jésus Sacrament, dans le sens de la vue. C’est la deuxième des observations/réparations de cette série. Jésus nous attend tous, pour nous regarder avec des regards d’amour, il veut se réjouir en nous voyant, et il veut que nous lui rendions la pareille, il veut que nous nous réjouissions en le voyant, mais nous sommes distraits, nous n’échangeons pas nos regards avec les Siens, et nous le privons du plaisir de cette communication intime qui lui plaît tant. Ce regard de reconnaissance que nous devons lui porter est important. Souvent, nous nous approchons pour communier et, par piété mal comprise, nous gardons la tête baissée. Levons la tête pour le regarder, sourions-lui, pour lui envoyer notre amour joyeux en réponse au sien, saluons-le, bénissons-le dans notre marche vers lui.
Ah, mon Jésus, ne pleure pas, je veux poser mes yeux sur les tiens pour partager tes peines et pleurer avec toi, et te réparer pour tous les regards distraits des créatures en t’offrant de garder mes yeux toujours fixés sur toi.
Luisa voit que Jésus pleure à cause de notre incompréhension de ne pas le regarder et de nous détourner de son regard, et elle se propose de réparer cela en gardant toujours son regard fixé sur lui. Mon Jésus, mon amour, j’embrasse tes oreilles très saintes, ah, je te vois attentif à écouter ce que les créatures veulent de toi, pour les consoler, mais elles, au contraire, te font parvenir à tes oreilles des prières mal faites, pleines de méfiance, des prières faites plus par routine et sans vie, et tes oreilles dans cette sainte hostie sont plus dérangées que dans la Passion elle-même. C’est la troisième des observations/réparations. Luisa s’attarde maintenant sur le sens de l’ouïe, sens si important avec lequel Jésus écoute attentivement nos inquiétudes, nos demandes, nos souffrances, mais nous ne communiquons pas avec Lui avec la même attention, nous le faisons par routine, souvent avec méfiance, avec des prières structurées et routinières, sans vie spirituelle. Et ainsi nous dérangeons les oreilles de Jésus.
Ô mon Jésus, je veux prendre toutes les harmonies du Ciel et les mettre dans tes oreilles pour réparer ces désagréments, et je veux mettre mes oreilles dans les tiennes, non seulement pour partager avec toi ces désagréments, mais aussi pour être toujours attentive à ce que tu veux, à ce que tu souffres, et te donner immédiatement mon acte de réparation et te consoler.
Luisa invoque les harmonies célestes, afin que ce soient elles qui parviennent à Lui et remplacent toute cette autre communication de notre part qui Le dérange, et elle veut aussi unir ses oreilles aux Siennes, pour partager avec Lui les dérangements et aussi les harmonies qui Lui parviennent, et ainsi Lui apporter du réconfort.
Jésus, ma vie, j’embrasse ton visage très saint, je le vois ensanglanté, livide et enflé. Les créatures, ô Jésus, viennent devant cette sainte hostie, et avec leurs attitudes indécentes, avec leurs mauvaises conversations qu’elles ont devant Toi, au lieu de Te rendre honneur, elles Te giflent et Te crachent dessus, et Toi, comme dans la Passion, Tu les reçois avec paix et patience, et Tu supportes tout.
C’est la quatrième des observations/réparations. Luisa s’arrête sur le visage de Jésus, la présence vivante de son humanité, et le voit ensanglanté, livide (pâle) et enflé par les nombreux coups qui lui ont été portés jusqu’à présent, et elle comprend que, par des actions très similaires à des coups, telles que des postures indécentes, des conversations mauvaises tenues devant lui, c’est comme si nous lui donnions davantage de gifles et de crachats. Elle observe comment Jésus supporte tout avec une patience et une paix d’esprit infinies.