De l’Évangile de Marc 8, 27-33
En ce temps-là, Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? » Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. » Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. » Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne. Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. »
« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Mc 8, 29
« Qui suis-je et qui es-tu ? »
Le livre du Ciel Tome 2, 28 octobre 1899
Ce matin, mon aimable Jésus est arrivé entouré de lumière. Il m’a regardée comme s’il me pénétrait entièrement, de sorte que je me suis sentie tout anéantie. Il m’a dit : « Qui suis-je et qui es-tu ? » Ces mots m’ont pénétré jusqu’à la moelle des os. Je vis la distance énorme qu’il y a entre l’infini et le fini, entre le tout et le rien. Je pouvais également voir la malice de ce rien et combien il était enfoncé dans la boue. Je vis que mon âme nageait au milieu de la pourriture, au milieu de vers et de bien d’autres choses horribles. Oh! Mon Dieu, quel spectacle affreux ! Mon âme voulait fuir le regard du Dieu trois fois saint Mais il me retint avec ces autres mots : « Quel est mon amour pour toi et comment m’aimes-tu en retour ? » Alors qu’à la suite de la première question, je fus effrayée et voulais fuir. Après la seconde : »Quel est mon amour pour toi, ? », je me suis sentie immergée, entourée de tous côtés par son amour, prenant conscience que mon existence en résultait et que, si cet amour prenait fin, je n’existerais plus. J’avais l’impression que les battements de mon cœur, mon intelligence et même ma respiration étaient le produit de cet amour. Je nageais en lui et, si j’avais voulu fuir, cela m’aurait été impossible Car cet amour m’enveloppait totalement. Mon propre amour m’a semblé n’être qu’une petite goutte d’eau jetée à la mer qui disparaît et ne peut plus être distinguée. Que de choses j’ai comprises, mais il serait trop long de tout dire. Ensuite, Jésus disparut, me laissant bien perplexe. Je me voyais toute remplie de péchés. Dans mon for intérieur, j’implorais son pardon et sa miséricorde.

Correspondances dans « L’évangile tel qu’il m’a été révélé » de Maria Valtorta :
L’Amour sur la Terre
« Jésus, accompagné de Lévi et de Jean, chemine au chant des grillons sur un petit sentier, au milieu de champs brûlés tout en chaume. Suivent Joseph, Judas et Simon, en groupe.[…]
– Mais les pharisiens sont-ils tous comme ça, mon Seigneur ? demande Jean. Ah ! je ne voudrais pas être à leur service ! Je préfère ma barque !
– C’est la barque que tu préfères ? demande Jésus, à moitié sérieux.
– Non, c’est toi ! La barque, c’était quand j’ignorais ce qu’est l’Amour sur la Terre » répond Jean avec fougue.
Jésus rit de sa véhémence.
« Tu ne savais pas que l’amour existait sur la terre ? Comment es-tu donc né, si ton père n’a pas aimé ta mère ? demande Jésus comme pour plaisanter.
– Cet amour est beau, mais ne me séduit pas. C’est toi mon amour ! Pour le pauvre Jean, c’est toi l’Amour sur terre. »
Jésus le serre contre lui et dit :
« Je voulais te l’entendre dire. L’Amour est avide d’amour et l’homme donne et donnera toujours à son avidité d’imperceptibles gouttes comme celles qui tombent du ciel et sont si insignifiantes qu’elles s’évaporent dans l’atmosphère, dans l’embrasement de l’été. Même les gouttes d’amour des hommes se consumeront dans l’air, brûlées par la fièvre de trop de choses. Le cœur en produira encore… mais les intérêts, les passions, les affaires, les désirs égoïstes, tant, tant de choses humaines les feront disparaître.
Et qu’est-ce qui montera vers Jésus ? Ah ! trop peu de choses ! Les restes de tous les battements du cœur humain, ce qui peut bien encore en survivre, les battements intéressés des hommes qui veulent demander, et encore demander quand le besoin s’en fait sentir.
M’aimer uniquement par amour sera le propre d’un petit nombre : des Jean…
Regarde cet épi poussé hors saison. C’est peut-être une graine tombée au moment de la moisson.
Elle a su naître, résister au soleil, à la sécheresse, grandir, murir…
Regarde : cet épi est déjà formé. Il n’y a que lui de vivant dans ces champs vides. D’ici peu ses grains mûrs tomberont sur le sol en rompant l’enveloppe lisse qui les rattachait à la tige, et ce sera charité pour les oiseaux, ou bien, donnant le cent pour un, ils repousseront encore et, avant le labour d’hiver, ils arriveront de nouveau à maturité et rassasieront une foule d’oiseaux déjà tenaillés par la faim de la plus triste des saisons …
Vois-tu, mon Jean, tout ce que peut réaliser une seule graine courageuse ?
Tels seront les rares hommes qui m’aimeront d’amour.
Un seul suffira pour apaiser la faim d’un grand nombre.
Un seul embellira la région où règne la laideur du néant, et où il n’y avait d’abord que néant.
Un seul fera surgir la vie là où régnait la mort, et les affamés viendront à lui.
Ils mangeront un grain de son amour agissant, puis, égoïstes et distraits, ils s’envoleront ailleurs. Mais, même à leur insu, ce grain déposera un germe de vie dans leur sang, dans leur âme… et ils reviendront… Et aujourd’hui, demain, après-demain encore, comme disait Isaac, la connaissance de l’Amour se développera dans les cœurs. La tige, dégarnie, ne sera plus rien : un brin de paille brûlé. Mais que de bien naîtra de son sacrifice et quelle récompense pour elle ! »
Jésus qui s’était arrêté un instant devant un maigre épi, poussé au bord du sentier, dans un caniveau qui, au temps des pluies, était peut-être un ruisseau, a continué de parler, toujours écouté par Jean dans son attitude habituelle de disciple aimant qui boit non seulement les paroles, mais aussi les gestes de l’être aimé.
Les autres discutent sans s’apercevoir de ce doux colloque. Les voici maintenant arrivés à la pommeraie ; ils s’arrêtent et se regroupent. La chaleur est telle que, même sans manteau, ils transpirent. Ils se taisent et attendent. » […]
L’Évangile tel qu’il m’a été révélé, ch 88.1-2